Discours du 22 janvier 2025
Jordan Bardella · Conclusions du Conseil européen du 19 décembre 2024 (débat)
Madame la Présidente, Madame la Présidente de la Commission européenne, Monsieur le Président du Conseil, de l’Ukraine au Moyen-Orient, de la Moldavie à la Géorgie en passant par le Venezuela, l’ordre du jour du dernier Conseil européen a été fourni, et les sujets de préoccupation liés aux grands troubles de notre monde étaient nombreux. Il n’a pourtant pas été jugé bon d’évoquer la question, brûlante, de l’Algérie, malgré l’arrestation arbitraire et au motif politique de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Son tort? Avoir critiqué dans ses ouvrages et dans ses prises de position le régime algérien, sa dérive autocratique et sa complaisance à l’égard de l’idéologie islamiste.
Aux portes de l’Europe, un régime défie délibérément la France, entretient son peuple dans la misère et l’oppression, instrumentalise l’histoire pour faire oublier ses propres échecs depuis l’indépendance. Il mène une guerre commerciale contre les produits agricoles français, au profit, notamment, du blé russe. Il refuse de récupérer ses indésirables (délinquants, islamistes…), que nous entendons et devons expulser afin de garantir la sécurité de nos peuples et de nos concitoyens.
Sur un plan strictement national, la France doit assumer un bras de fer diplomatique: interrompre l’octroi de visas, remettre en cause le traité franco-algérien de 1968, mettre fin à l’aide au développement et geler les transferts de fonds privés à l’égard de ce pays et de ce régime tant que son attitude demeurera ouvertement hostile. L’Europe, quant à elle, ne peut rester les bras ballants face aux outrances d’un gouvernement algérien contre un État membre.
L’accord de 2005 entre l’Union européenne et la République algérienne – que seule l’Union européenne respecte, par ailleurs – doit être suspendu, et sa renégociation, prévue en 2025, doit être abandonnée. L’Algérie a perçu au bas mot 172 millions d’euros de la si généreuse Europe ces dernières années. Coupons ces versements, que plus rien ne justifie! Cessons d’être les seuls à entretenir la rente de ceux qui, en retour, nous haïssent! Nous devons enfin nous faire respecter par un gouvernement qui, depuis longtemps, a dépassé les limites de l’indécence.
Comment pourrions-nous, nous, l’Europe, prétendre rivaliser avec les grands de ce monde si nous faisons preuve de tant de faiblesse à l’égard de ceux qui rient de notre apathie?
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.