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Discours du 27 mars 2025

Joséphine Missoffe · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°151

Vous vous souvenez peut-être de ce refrain qui concluait les plus belles histoires de notre enfance : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »Cette promesse de l’aube, simple, presque universelle, semble pourtant s’éloigner, non pas parce que les Français n’en rêvent plus, mais peut-être parce qu’ils n’en ont plus toujours les moyens ou qu’ils n’ont plus le sentiment de pouvoir inscrire un tel choix dans leur quotidien.Le constat démographique est sans appel : la natalité baisse, la population vieillit, le solde naturel est fragile. Cette réalité n’est pas abstraite. Elle pèse directement sur la pérennité de notre modèle social, sur notre cohésion et sur notre avenir.Derrière ces enjeux, il y a surtout des trajectoires de vie contrariées. Un espace douloureux s’installe entre le désir d’enfant et la possibilité réelle de devenir parent. C’est précisément cet écart que notre politique familiale doit s’attacher à combler.La réponse de notre mouvement politique repose sur une conviction forte : une politique familiale efficace ne se limite pas à des prestations, aussi utiles soient-elles. Elle exige une approche globale à même de sécuriser les parcours de vie et d’accompagner les modèles familiaux, et ce dès les premières années.Depuis 2017, nombreux sont celles et ceux qui ont incarné cette conception au gouvernement, dans notre assemblée et sur le terrain. Le résultat est la politique des 1 000 premiers jours de l’enfant, qui entend transformer notre système de protection maternelle et infantile ; la création du service public de la petite enfance (SPPE), consacré dans le budget pour 2025, et qui vise à faire de l’accueil du jeune enfant un véritable droit pour les familles, et non plus une loterie territoriale ; le doublement du congé paternité ; la réflexion engagée sur la réforme du congé de naissance, sans oublier l’expérimentation des crèches à vocation d’insertion professionnelle ou le service public d’aide alimentaire. Ces outils nous aident à faire sauter le verrou du choix entre vie professionnelle et vie de famille.L’éducation d’un enfant est une chose magnifique dont nos concitoyens ne doivent pas être privés. Mais ceux-ci se sentent écrasés par leur quotidien au point que la perspective de la parentalité les angoisse. C’est pourquoi nous devons consolider les principes qui fondent notre politique familiale, accélérer les réformes en cours et aller plus loin.Favoriser la préparation à la parentalité implique d’être plus attentifs aux périodes prénatales et périnatales, ainsi qu’à la santé mentale des parents à chaque étape de leur parcours. Il faut rendre plus simples et accessibles les services et les aides de l’État. Face aux exigences de lisibilité formulées par nos concitoyens, nous ne pouvons plus attendre.Enfin, la parentalité ne doit devenir ni un luxe ni un privilège. Nous devons poursuivre nos efforts en faveur de la justice, protéger les familles les plus précaires et mieux soutenir toutes les familles dans leur diversité.De même, il faut valoriser les professionnels de la petite enfance, améliorer leurs conditions de travail, reconnaître leur rôle essentiel et leur donner les moyens d’accomplir leur mission.Le comité de filière petite enfance et le plan de formation Ambition enfance égalité constituent justement un premier pas dans ce sens. Mais il faut poursuivre l’effort, compte tenu de la crise que traverse ce secteur réellement incontournable. Je suis convaincue qu’une politique familiale efficace repose sur une politique vertueuse de la petite enfance.La mortalité infantile augmente dans notre pays. Elle est même supérieure à la moyenne de l’Union européenne. Dans ce contexte, pour rassurer les parents, nous devons renforcer l’action de prévention médico-sociale, que ce soit à domicile, dans les services de protection maternelle et infantile (PMI), dans les crèches ou dans les écoles, dès la grossesse et pour tous les enfants.Notre politique familiale ne doit pas être faite de rattrapage et d’ajustement, mais fondée sur l’anticipation et la prévention. Pour que la parentalité redevienne une source d’épanouissement, nous ne pouvons plus la considérer comme un héritage figé mais comme un levier moderne d’émancipation.Engageons-nous à offrir à chaque enfant, un avenir, à chaque parent, un soutien et à chaque famille, la liberté d’exister pleinement. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).