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Discours du 17 septembre 2024

Julie Rechagneux · État de l'union de l'énergie (débat)

Monsieur le Président, mes chers collègues, en publiant son rapport annuel sur l'état de l'Union de l'énergie, la Commission européenne s'est livrée à un traditionnel exercice de style, mêlant comme à son habitude, idéologie et autosatisfaction. À en croire ses auteurs, tout va bien dans le meilleur des mondes énergétiques, et l'Europe non seulement a su faire face à la crise énergétique née de la guerre en Ukraine, mais encore a dépassé cette crise afin d'amorcer sa nécessaire transition énergétique. Le rapport met en avant pêle-mêle: la baisse de la dépendance de l'Union vis-à-vis du gaz russe, la réduction de la demande de gaz, les stocks de gaz remplis à 90 %, la part des énergies renouvelables en hausse constante dans le mix énergétique et, puisque tout va bien dans le meilleur des mondes, un prix de l'énergie qui serait stable et largement en dessous de son maximum atteint lors de la crise de 2022.

Ce panorama idyllique qui nous est présenté par la Commission européenne est un véritable village Potemkine visant à détourner l'attention des peuples européens de la réalité de sa politique qui se résume à un triptyque dévastateur: idéologie, dépendance et récession.

Idéologie d'abord, lorsque le rapport se félicite de la part croissante des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen, là où en réalité le totalitarisme vert et les injonctions de la Commission européenne condamnent des filières d'excellence comme le nucléaire.

Dépendance ensuite, car il est fallacieux de prétendre que l'Europe a gagné sa souveraineté énergétique en se coupant du gaz russe. Bien au contraire, l'Europe est plus dépendante que jamais – non plus du gaz russe, certes, mais du gaz de schiste américain dont la production a explosé afin de satisfaire la demande européenne malgré son coût financier et environnemental exorbitant. L'Union européenne fait également appel au gaz importé du Qatar ou du Kazakhstan, démocraties exemplaires, c'est bien connu, mais également au gaz russe qu'elle n'achète plus directement à la Russie, mais indirectement à des pays tiers qui revendent ce gaz avec une forte plus-value. En voulant punir Moscou, l'Union européenne a livré notre économie à la toute-puissance américaine sans faire souffrir la puissance russe.

Récession enfin, car loin de la relance économique vantée lors du lancement du pacte vert européen, les nuages s'amoncellent au-dessus de l'économie de l'Union. Plombée par des choix idéologiques hasardeux qui privilégient le verdissement de l'économie à la compétitivité internationale, l'Europe n'a plus les moyens de concurrencer les autres puissances mondiales. Alors que les énergies renouvelables coûtent de plus en plus cher et que certains secteurs clés s'enfoncent dans une crise durable, toute l'économie européenne est menacée de récession. Les tensions qui naîtront de cette crise économique feront tomber le mensonge de la prétendue autonomie énergétique européenne et permettront, nous l'espérons, de renouer avec le pragmatisme défendu par notre groupe des Patriotes.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.