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Discours du 12 mars 2025

Julie Rechagneux · Union des compétences: multiplier et améliorer les possibilités d'étude, de formation ou de travail dans l'Union et faire revenir nos cerveaux (débat)

Monsieur le Président, l’Europe décroche. Mario Draghi l’a rappelé: nous perdons la bataille des talents. Chaque année, 20 % des chercheurs européens partent à l’étranger, tandis que les États-Unis attirent plus de talents qu’ils n’en perdent. Prenons la Toulouse School of Economics, qui – ironie du sort – a accueilli un Prix-Nobel ayant lui-même fait carrière aux États-Unis. Lors de son dernier recrutement, elle a proposé six postes à de brillants chercheurs. Pour quel résultat? Six refus. Deux chercheurs ont rejoint le privé aux États-Unis; les autres des universités étrangères.

Les établissements américains offrent jusqu’à 300 000 dollars par an. Ici, même en doublant les salaires, nous restons loin derrière. Pourquoi? Parce que nos entreprises ne sont pas suffisamment incitées à investir dans l’innovation. Ce n’est toutefois pas qu’une question d’argent. Précarité, carrières bloquées, bureaucratie étouffante… La recherche, qui devrait être un espace de liberté, est saturée de contraintes. Pendant ce temps, la Chine et les États-Unis déroulent le tapis rouge.

L’Europe a été un bastion scientifique, à l’avant-garde du progrès technologique et de la rationalité. Aujourd’hui, nous dévalorisons nos chercheurs et nous laissons partir nos talents. Si nous ne réagissons pas, nos découvertes, nos brevets et notre compétitivité de demain se construiront ailleurs.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.