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Discours du 21 mai 2026

Julien Brugerolles · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°241

Nous sommes au cœur du sujet abordé ce matin lorsque nous avons entamé l’examen de l’article 5. Si je ne suis pas opposé à une politique de stockage – je l’ai dit –, je pense qu’elle doit se faire à l’échelle des bassins, avec des grands ouvrages, dans le cadre d’une coordination cohérente de la gestion de l’eau.Je soutiens ces amendements parce que l’essentiel des efforts d’adaptation du secteur agricole passent par l’amélioration de la capacité de rétention d’eau des sols au cours de l’année. Faire des sols les premiers réservoirs d’eau, ce qui est indispensable pour maintenir durablement des capacités de production suffisantes, devrait constituer une priorité politique sur tous les bancs.Au surplus, lors du dernier renouvellement de la politique agricole commune (PAC), non seulement la France n’a pas fixé de cap clair dans cette direction au moyen des outils de soutien direct de son plan stratégique national (PSN), mais, en plus, elle continue à parier sur une multiplication des petits ouvrages à l’échelle individuelle ou à l’échelle d’un collectif d’exploitations. Moi, je répète qu’il faut avoir une réflexion beaucoup plus large, sur les grands outils, à l’échelle des bassins.Nous prenons énormément de retard sur la question des sols. Il nous faut un plan sol ; il nous faut aussi généraliser l’absence de labour sur des systèmes à rotation longue, implanter des couverts végétaux permanents sur toutes les zones de grandes cultures, planter des centaines de milliers de kilomètres de haies, déployer des systèmes d’agroforesterie et favoriser l’agriculture de conservation. On peut économiser beaucoup d’eau sur les systèmes céréaliers et nous devrions donc porter une attention très particulière à l’agriculture de conservation des sols. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS. – M. Stéphane Peu applaudit également.)

L’amendement de notre collègue Potier me semble particulièrement important, car il clarifie la logique qui sous-tend les articles suivants. Vous venez de faire un aveu, madame la rapporteure : il serait finalement possible de déroger aux Sdage, qui constituent pourtant la colonne vertébrale de la gestion concertée de l’eau à l’échelle du bassin versant. (M. Dominique Potier applaudit.)Il faut voter en faveur de cet amendement, qui est vraiment important.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).