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Discours du 20 juillet 2026

Julien Dive · Première session extraordinaire 2026 · séance n°22

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Ce texte n’a jamais opposé deux visions de l’agriculture, mais deux visions de la France. D’un côté, il y a cette « nouvelle France » que l’extrême gauche prétend vendre. Une France qui transforme chaque débat en croisade idéologique, où le militantisme tient lieu de démonstration, où le bullshit remplace les faits, où l’on finit toujours par raconter n’importe quoi dès lors que la vérité dérange. Bref, une fabrique à caricatures et à mensonges.Et puis il y a l’autre France, la vraie. (Sourires sur quelques bancs du groupe SOC.)

Une France qui vit de son travail, qui prend des risques tous les matins, qui investit, produit, transforme, exporte, nourrit les Français sans jamais demander qu’on la remercie. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.) C’est la France des agriculteurs, des entreprises, des coopératives et de ces territoires qui refusent de renoncer. Cette France-là demande simplement qu’on cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Or c’est exactement ce que fait ce projet de loi.Encore faut-il accepter de regarder les faits, qui ont un défaut, je l’admets : ils ne se plient pas aux récits militants. C’est malheureusement un exercice auquel certains se sont refusés tout au long de nos débats. Premier mensonge : la science. Depuis des jours, on nous explique que l’Anses serait placée sous la tutelle du politique. C’est faux. Pas approximatif, pas discutable, mais simplement faux.La commission mixte paritaire a même retenu exactement l’inverse : une Anses plus indépendante, dont les décisions continueront d’être guidées exclusivement par l’expertise scientifique. C’est heureux, car lorsqu’on parle de santé publique, de risque sanitaire ou de protection des consommateurs, il n’y a qu’une seule boussole acceptable : la science, la science, rien que la science, indépendante et sans pression militante.

Il est fascinant que ceux qui invoquent la science à longueur de journée soient souvent les premiers à la contester lorsqu’elle ne valide pas leurs convictions. Nous, nous faisons le choix inverse. Nous faisons confiance aux scientifiques même lorsque leurs conclusions ne confortent pas nos intuitions politiques. Voilà la différence. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe HOR. – Mme Delphine Batho rit.)La science n’est pas un argument d’autorité que l’on brandit lorsqu’il vous arrange et que l’on récuse lorsqu’il vous contredit. Elle n’est ni de droite ni de gauche.

Elle n’est pas une bannière politique. Elle est au contraire une méthode et une exigence. Oui, les décisions sanitaires doivent rester entre les mains de ceux qui savent, et non de ceux qui crient le plus fort.Deuxième mensonge, les importations. Pendant des semaines, certains ici ont prétendu vouloir lutter contre la concurrence déloyale. C’est sûr : qui pourrait être contre ? Mais lorsque l’Assemblée nationale a examiné l’article 2, ils ont eux-mêmes vidé le dispositif de sa substance. C’est très facile de faire semblant, dans l’hémicycle, de défendre le monde agricole. C’est plus difficile d’écrire un droit applicable et utile ; or c’est notre rôle, chers collègues.Voilà sans doute la contradiction la plus révélatrice : ils nous expliquent vouloir défendre la viande française, mais ils suppriment des mesures qui permettent encore à nos élevages de vivre. Ils veulent des fruits français, sans arboriculteurs. Ils veulent du lait français, sans éleveurs. Ils veulent de la viande française, sans élevages. Finalement, ils veulent une agriculture sans agriculteurs. C’est toute la logique de cette « nouvelle France » : une réalité artificielle, qui croit défendre l’agriculture française en votant systématiquement contre ceux qui la font vivre. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)Face à ces contradictions, nous avons écrit un texte de mesures techniques, précises, tournées vers le pouvoir d’achat de nos agriculteurs et la solidité de nos filières. Je veux que chacun l’entende clairement. Premièrement, nous affirmons une ambition : retrouver notre souveraineté alimentaire. Des projets d’avenir agricole, portés par les territoires et accompagnés par l’État, seront désormais identifiés comme prioritaires pour renforcer notre capacité à produire en France.Deuxièmement, nous faisons entrer la préférence européenne dans la restauration collective publique. Nos cantines et nos hôpitaux devront privilégier les productions européennes lorsque l’offre existe, tandis que la part des produits français sera rendue publique. C’est un choix de cohérence et de souveraineté.Troisièmement, nous renforçons la transparence pour les consommateurs : l’origine des viandes utilisées dans les produits alimentaires devra être clairement indiquée. Choisir français suppose d’abord de pouvoir l’identifier.Quatrièmement, nous protégeons enfin le revenu des agriculteurs. Nous sécurisons les contrats, nous renforçons le rôle des organisations de producteurs, nous faisons des coûts de production la référence des négociations et nous donnons davantage de souplesse aux PME.Cinquièmement, nous nous donnons les moyens de lutter contre la concurrence déloyale. Lorsqu’un produit importé présente un risque sanitaire ou environnemental avéré, la France pourra agir pour protéger ses consommateurs comme ses producteurs.Enfin, nous renforçons notre capacité à prévenir les risques sanitaires. Face aux maladies animales, aux nouveaux parasites et aux conséquences du changement climatique, notre système devra être plus réactif, plus efficace et mieux préparé.Ce texte ne promet pas une agriculture hors sol et débarrassée de toute contrainte et de tout risque. En revanche, il choisit la réalité des exploitations, des filières, des territoires, des marchés. Il choisit la science, y compris lorsqu’elle dérange certaines certitudes militantes.Finalement, c’est cela que nous avons voulu inscrire dans ce texte : la possibilité pour la France de continuer à produire chez elle, selon ses règles, avec ses scientifiques, ses agriculteurs, ses entreprises et ses territoires. Nous n’avons sacrifié ni la santé, ni la biodiversité, ni l’exigence environnementale. Nous avons refusé néanmoins qu’elles deviennent les alibis commodes d’une politique de renoncement qui interdit toujours davantage en France pour importer toujours davantage. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR, sur plusieurs bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe Dem.)

Ça ne fonctionne pas !

Avis favorable.

Eh bien voilà !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).