Discours du 22 mai 2026
Julien Guibert · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°245
À ce sujet, on a déposé une proposition de loi en juillet dernier !
On demande au monde agricole – c’est l’un des objets du projet de loi – d’accroître sa production afin de reconquérir notre souveraineté alimentaire. L’article 10 prévoit que les mesures de compensation sont orientées vers des terrains incultes ou à faible potentiel agronomique – je préfère, pour ma part, ce dernier terme. Très bien, mais encore faut-il savoir qui décide qu’une terre aurait un faible potentiel !Une terre agricole ne se juge pas seulement depuis un bureau, une carte ou un dossier administratif. Celui qui la connaît le mieux, c’est celui qui la travaille : l’agriculteur sait ce qu’elle a donné, ce qu’elle peut encore donner et dans quelles conditions. C’est pourquoi nous proposons que l’appréciation du potentiel agricole se fasse après avis de la chambre d’agriculture territorialement compétente.Avant de considérer qu’une terre agricole peut être mobilisée pour de la compensation écologique, il faut consulter ceux qui connaissent réellement le potentiel agricole du territoire. On ne gagnera pas la bataille de la souveraineté alimentaire française en continuant à retirer aux agriculteurs les terres dont ils ont besoin pour produire, notamment dans l’élevage.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).