Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 4 mai 2026

Julien Limongi · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°218

Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.

La motion de rejet préalable déposée par le groupe La France insoumise a au moins un mérite : celui de clarifier les choses devant les Français. En effet, après avoir affirmé qu’il fallait désarmer la police, vous nous expliquez désormais qu’il faudrait empêcher nos armées de se réarmer. Autrement dit, vous proposez une France affaiblie à l’intérieur et désarmée à l’extérieur. Les Français jugeront par eux-mêmes !En réalité, la France a besoin d’armées fortes pour rester crédible en Europe comme sur la scène internationale.Alors, oui, ce projet d’actualisation de la loi de programmation militaire est décevant. Il ne répond que très partiellement au besoin de remontée en puissance de nos armées. Il se limite pour l’essentiel à reconstituer en partie des stocks de munitions devenus faméliques, à lancer tardivement quelques programmes qui auraient dû l’être depuis longtemps et, surtout, à colmater les brèches budgétaires d’une LPM initiale dont le Rassemblement national avait dénoncé l’insincérité dès 2023. Nous l’avions dit : les 13 milliards d’euros de recettes extrabudgétaires étaient en partie fictifs, l’inflation allait mécaniquement rogner les marges, les cessions d’équipements à l’Ukraine n’étaient pas correctement anticipées et certains choix de coopération européenne relevaient plus du fanatisme européiste que d’autre chose – je pense évidemment aux programmes Scaf, le système de combat aérien du futur, et MGCS. Ils ont d’ailleurs fragilisé notre autonomie stratégique.En vérité, si nous sommes réunis pour actualiser la LPM, ce n’est pas seulement à cause du contexte international, mais d’abord parce que cette loi était mal conçue dès le départ. Voilà ce que les Français doivent comprendre et qui a toujours été dénoncé par le Rassemblement national.C’est pourquoi nous faisons le choix du débat, celui d’améliorer ce texte, le choix de rendre au Parlement un véritable rôle, après des années au cours desquelles les questions de défense ont trop souvent été confisquées par l’usage massif du 49.3.LFI veut que nous nous taisions et que l’on ne parle pas de nos armées. Jamais nous ne nous soumettrons. Nous voterons donc contre sa motion de rejet, pour essayer de répondre au mieux aux énormes besoins de nos armées. La capacité du gouvernement à écouter et à prendre en compte nos propositions déterminera notre vote final. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Monsieur Gosselin, une mission d’information de la commission de la défense travaille actuellement sur la mobilité stratégique. Il faut savoir – et cela répond aussi par avance à votre amendement no 9 qui suit – que toutes ces infrastructures ainsi que les nœuds de transport sont identifiés et connus à la fois de l’Otan et de l’état-major de l’Union européenne.Je tiens d’ailleurs à vous alerter sur le fait que la Commission européenne accapare de plus en plus de compétences en matière de transport militaire.Par ailleurs, je n’ai aucune confiance dans les subventions européennes et ce que nous pourrions recevoir : si l’on regarde le dernier paquet « mobilité », la plupart des investissements se sont faits hors de France, essentiellement en Europe centrale ou en Europe de l’Est, et il y a fort à parier qu’il se passera la même chose avec le prochain paquet « mobilité », pour lequel la France mettra un plus grand nombre encore de milliards sur la table.Donc, des rapports, pourquoi pas, mais on sait l’essentiel et notamment le fait que le danger vient de la Commission européenne, qui s’apprête, une fois de plus, à s’arroger, en matière de transport militaire européen, des compétences qui ne lui appartiennent pas. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

ReArm sert en effet de cadre à Safe, qui n’est rien d’autre qu’un dispositif d’endettement européen. Je suis donc assez surpris des positions de M. Gosselin, membre d’un parti qui est censé être héritier du général de Gaulle.Vous voulez croire dans l’Union européenne et dans la Commission pour obtenir le financement d’infrastructures de transport stratégiques, mais je vous redis, moi qui ai rencontré l’état-major de l’Union européenne avec ma collègue Sabine Thillaye, qu’on nous a confirmé, droit dans les yeux, qu’aucun financement n’était prévu pour la France et que l’essentiel du paquet « mobilité » était destiné à d’autres pays, car le danger se trouve à l’est et que, comparés à d’autres, nous étions plutôt mieux lotis en matière d’infrastructures ferroviaires.Il ne faut pas être naïf, monsieur Gosselin,…

…et je vous incite à lire le rapport d’information sur la mobilité stratégique en Europe que la commission de la défense devrait publier dans quelques semaines. Il faut ouvrir les yeux sur la Commission européenne. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).