Discours du 5 mai 2026
Julien Limongi · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°221
Il vise à supprimer un alinéa du rapport annexé qui fait du retour d’expérience (Retex) d’Orion 2026 l’un des objectifs de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). Il faut arrêter de blablater dans un texte qui aurait dû être beaucoup plus ambitieux.Je reviens ici sur nos échanges d’hier soir concernant les outre-mer, au sujet desquels vous avez abdiqué toute ambition : vous avez refusé de donner la priorité aux investissements dans les infrastructures aéroportuaires et portuaires comme vous avez refusé des investissements supplémentaires pour nos frégates, nos avions, et j’en passe. En revanche, vous vous arrêtez sur des points qui coulent de source, en l’occurrence le retour d’expérience d’Orion. Il est pourtant évident que les armées feront un Retex sur Orion, sans qu’il soit besoin de l’inscrire dans la loi de programmation militaire ; on l’a fait pour Orion 23, on le fera pour Orion 26.Cela montre simplement que ce texte est un texte au rabais, qui manque d’ambition en matière de format des armées. Nous le regrettons vivement et proposons, avec cet amendement, d’en ôter au moins le redondant et le superflu. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Alors qu’il est en campagne en Prusse orientale, Napoléon crée, le 26 mars 1807, le transport de ravitaillement des armées impériales napoléoniennes. Comment ne pas penser à Napoléon en ce 5 mai, date d’anniversaire de sa mort sur le rocher de Sainte-Hélène, pour faire comprendre à la représentation nationale que la logistique a beaucoup pâti, ces dernières décennies, de la faiblesse extrême des investissements ?Le présent amendement dénonce la sémantique dithyrambique du gouvernement qui parle, dans ce projet de LPM actualisée, de « montée en gamme du soutien logistique » alors que, quand nous allons dans nos régiments – je pense au 503e régiment du train à Nîmes ou au 1er régiment du train parachutiste à Toulouse –, nous constatons qu’ils manquent de matériel. Nous gagnerions à employer un vocabulaire plus mesuré, pour être au plus près de la réalité vécue par nos armées, car elles nous écoutent. Utiliser systématiquement les termes « massif » ou « consolidation » vient fausser la vérité. Nous vous proposons donc cet amendement de bon sens, presque rédactionnel, pour nuancer notre propos. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Ce guichet unique est une demande constante des militaires. Il est vraiment attendu. Je suis élu de Seine-et-Marne, où ils sont nombreux à venir se loger, loin de Paris, où ils travaillent, ce qui n’est pas idéal pour les familles. Il faut donc, même si elle a un coût, se doter d’une politique globale destinée à fournir plus de logements aux militaires, mais aussi à les rapprocher de leurs lieux de travail, en particulier dans les zones sous tension comme le littoral ou, surtout, Paris. On fait en quelque sorte le choix inverse aujourd’hui en obligeant le militaire à faire de très longs trajets le week-end : alors que nous devrions encourager les familles, ça n’est pas le cas !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).