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Discours du 6 mai 2026

Julien Limongi · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°223

Pourriez-vous, madame la ministre, détailler les investissements réalisés pour Mayotte, la grande oubliée du texte, encore une fois ? Plusieurs problèmes se posent. Pour pouvoir investir efficacement, il faut réguler l’immigration massive et stabiliser la région – ça, on le sait de manière générale, vous en êtes incapables. J’aimerais connaître votre vision pour l’océan Indien, pour la France, pour Mayotte. Aujourd’hui, il n’y a pas de base navale vraiment performante à Mayotte. Il faut en construire une plus imposante à Longoni et avoir une vraie ambition pour l’avenir. Certes, nous avons des A400M aux Émirats arabes unis, qui sont des alliés, mais Mayotte, c’est le territoire français. Mayotte, c’est un territoire d’avenir, proche du canal du Mozambique, où nous avons des intérêts stratégiques et économiques majeurs. Le Rassemblement national appelle depuis des années à investir de manière ambitieuse dans nos territoires d’outre-mer.Monsieur le rapporteur, vous parlez des frégates de surveillance que, selon vous, la marine aurait réussi à maintenir – c’est ce que vous dites à chaque fois. Mais la marine n’a pas le choix : sans argent, elle est bien obligée de les maintenir, ces frégates ! C’est un choix par défaut, car, en réalité, elle préférerait changer de bateaux. Voilà la vérité !Nous manquons donc d’ambition. Nous ne sommes peut-être pas d’accord, mais nous, les députés du Rassemblement national, avons une vision ambitieuse pour nos territoires d’outre-mer. Nous continuerons donc à défendre le cas de Mayotte, comme de tous les autres territoires d’outre-mer, en réclamant de véritables politiques d’investissement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Peut-être le rapporteur jugera-t-il que cet amendement porte sur des billevesées, mais je pense qu’il est important d’avoir un débat sur les munitions. Nous partons de très loin dans ce domaine. Il est vrai que 8,5 milliards d’euros sont prévus pour compléter nos stocks de munitions, mais il faut avoir conscience, en revenant quelques années en arrière, que les munitions ont toujours été la variable d’ajustement budgétaire de bien des lois de programmation militaire, ce qui a conduit nos armées à ne plus avoir de stocks en la matière. C’est encore une fois le rapport de MM. Vincent Bru et Julien Rancoule qui a montré en 2023 que pendant de nombreuses années, nous avons privilégié les grands programmes au détriment des munitions. Nous avons également soutenu nos alliés récemment – je pense notamment à nos partenaires au Moyen-Orient ou en Ukraine, ce qui fait que nos stocks de munitions sont extrêmement faibles. Cet amendement tend à préciser que nous devons relancer la machine, mais ce n’est pas une accélération, c’est le début d’une petite remontée en puissance des stocks de munitions.

Il s’agit d’un amendement de cohérence. La commission de la défense a voté la création d’une filière nationale de munitions de petit calibre. Nous nous en réjouissons, car c’est un combat que le Rassemblement national menait depuis des années. Un amendement de M. François Cormier-Bouligeon examiné en commission prévoyait la réalisation d’une étude de faisabilité portant sur la création d’une filière. La création de la filière est actée, les appels d’offres sont lancés, je pense donc que cette étude de faisabilité doit se transformer en étude d’analyse de la filière : il n’y a pas de sens à réaliser une étude de faisabilité alors que le projet est déjà lancé.

Monsieur le rapporteur, un rapport sera rédigé dans tous les cas, même si notre amendement n’est pas adopté. Notre proposition est cependant plus cohérente, puisqu’elle consiste à réaliser une analyse de la filière de munitions de petit calibre qui vient d’être créée, plutôt qu’une analyse de faisabilité. Par conséquent, votre réponse n’a pas de sens.

Il tend à définir une ambition pour la DGA. Si l’on veut une DGA de combat, il faut continuer à simplifier les procédures. Nous avons évoqué le cas des marchés publics, mais nous devons aller plus loin et ne pas relâcher nos efforts, en particulier pour ce qui concerne cet acteur essentiel qu’est la DGA, et qui en a déjà consenti beaucoup.Cet amendement fait suite aux auditions d’industriels que la commission de la défense a menées. Vous y étiez, messieurs les rapporteurs, et vous avez reconnu que, pour ce qui est de la DGA, nous pouvions faire plus. C’est l’objectif que nous voulons nous fixer pour les prochaines années.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).