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Discours du 29 juin 2026

Julien Odoul · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°292

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Albert Camus, gardien de but au Racing universitaire d’Alger avant d’être prix Nobel de littérature, disait avoir appris la morale sur un terrain de football. Comme notre illustre écrivain, les Français aiment les valeurs du sport. En revanche, ils apprécient beaucoup moins les prolongations et les troisièmes mi-temps lorsqu’il s’agit de scandales, de conflits d’intérêts et de dérives de gouvernance. Ces dernières années, et nous pouvons le regretter, le sport professionnel français, malgré ses excellents résultats sur le terrain sportif,…

…a trop souvent fait la une pour ses crises.Pourtant, lorsqu’une Coupe du monde rassemble tout un peuple derrière les Bleus, lorsqu’un stade vibre au rythme d’une victoire, c’est la France qui se retrouve. Et, pour l’instant, l’excellent parcours de l’équipe de France à la Coupe du monde démontre que ses membres ont certainement retiré leurs pierres précieuses de leurs chaussettes, madame la ministre…

…– n’est-ce pas, monsieur le président de la commission ?Le sport est un formidable facteur d’unité nationale, de dépassement de soi et de fierté collective. Dans mon département, l’Yonne, nous en savons quelque chose : l’AJ Auxerre, qui a brillamment assuré son maintien en Ligue 1 cette saison, démontre qu’avec un projet solide, un ancrage territorial fort et une gestion rigoureuse, un club historique peut rivaliser pour les premières places, malgré des moyens bien inférieurs à ceux du PSG tout-puissant.Madame la ministre, deux victoires en Ligue des champions ne permettent pas de tout faire et n’occultent pas tout. C’est précisément parce que nous aimons le sport que nous devons être particulièrement exigeants envers ceux qui le dirigent et ceux qui en vivent. En sport comme en politique, une règle est intangible : sans arbitre respecté, sans règles claires et sans transparence, il n’y a plus de confiance.Cette proposition de loi ne révolutionnera pas notre modèle sportif – ce ne sera pas le Grand Soir –, mais elle apporte des réponses utiles. Elle permettra notamment de mieux prévenir les conflits d’intérêts. Chacun le comprend, il n’est pas sain qu’un même responsable puisse participer aux décisions de la Ligue de football professionnelle (LFP) tout en présidant une chaîne détentrice des droits de diffusion. Le mélange des genres n’a jamais été une garantie de bonne gouvernance. Elle renforcera en outre le contrôle des ligues professionnelles, ce qui est parfaitement légitime : les ligues exerçant une mission qui leur est déléguée, elles ont des droits mais aussi des devoirs. Les interrogations suscitées ces dernières années par certaines pratiques ou certaines rémunérations démontrent qu’un meilleur encadrement est nécessaire. Le texte apporte aussi une réponse bienvenue contre le piratage audiovisuel qui prive chaque année nos clubs de ressources essentielles à leur développement.Le Rassemblement national défend un sport fondé sur le mérite, sur l’exemplarité et sur le respect des règles. Mais il ne suffit pas d’assainir les comptes du sport français, il faut aussi préserver son âme. À cet égard, je suis obligé d’évoquer une menace que ma collègue Caroline Yadan et moi-même avons largement documentée dans le cadre de la mission flash sur l’entrisme islamiste dans le sport, dont nous étions les rapporteurs. Le sport doit rester un espace de rassemblement où seule la performance distingue les athlètes ; il ne doit jamais devenir un terrain de prosélytisme,…

…de séparatisme ou de revendications communautaristes. C’est pourquoi nous renouvelons notre demande que la proposition de loi, adoptée en 2025 par le Sénat, visant à assurer le respect du principe de laïcité dans le sport soit enfin inscrite à l’ordre du jour de notre assemblée. Notre hémicycle doit pouvoir se prononcer sur ce texte attendu par les 73 % des Français qui sont favorables à l’interdiction du port du voile islamique dans les compétitions sportives.

Le sport est un miroir de la nation : si nous voulons des champions remarquables, nous devons exiger des dirigeants exemplaires ;…

…si nous voulons des stades qui rassemblent, nous devons refuser qu’ils deviennent les terrains de jeu des conflits d’intérêts ou des offensives des Frères musulmans. Cette proposition de loi, à elle seule, ne remportera pas la finale, mais elle trace de nouveau quelques lignes blanches sur un terrain qui en avait bien besoin. Parce qu’il renforce la transparence, responsabilise les acteurs et constitue un premier pas dans la bonne direction, le groupe Rassemblement national votera en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Il était sur le terrain ? (Sourires.)

Il s’agit d’un amendement de clarification. Le présent article vise à interdire à toute personne condamnée pour les infractions visées à l’article L. 212-9 d’exercer les fonctions de président ou de membre de l’organe collégial d’une fédération. Cette interdiction – juste dans son principe – s’arrête pourtant aux portes de la salle du conseil, les directeurs généraux et secrétaires généraux, qui exercent des prérogatives comparables, n’étant pas concernés. Or cela revient à laisser une porte de service ouverte à ceux que l’on prétend éloigner du sport. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

On pourrait tout de même le préciser !

Cet amendement vise à protéger et préserver le principe de laïcité. Il prévoit que, dans l’exercice de leurs fonctions, les personnes mentionnées au présent article s’abstiennent de porter des signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse.Les fédérations sportives délégataires exercent une mission de service public confiée par l’État. Agissant dans le cadre de cette délégation, leurs dirigeants fixent les règles, tranchent les litiges, représentent leurs disciplines au niveau national et international ; à ce titre, ils représentent aussi la République française.Lorsqu’ils se présentent dans le cadre de leurs fonctions en arborant des signes religieux ostensibles, ils introduisent une appartenance communautaire dans un espace qui doit demeurer celui de la règle commune et de la neutralité républicaine. C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir adopter cet amendement.

Force est de constater que notre amendement n’est pas satisfait, madame la ministre. Les fédérations sportives demandent qu’une telle disposition soit mise en œuvre. La neutralité varie selon les fédérations, ce qui montre la nécessité d’un cadre national.Les auditions menées dans le cadre de la mission flash sur l’entrisme islamiste l’ont montré : toutes les fédérations entendues souhaitent un cadre clair, national, et non laissé à leur libre interprétation. Nous continuerons de plaider pour un cadre national clair en faveur de la laïcité, et de la neutralité religieuse et politique, pour toutes les fédérations sportives.

On parle de laïcité !

La laïcité est raciste et islamophobe alors !

Ce qui est assez incroyable avec le discours des écologistes, c’est qu’il donne l’impression que, depuis des années, la France n’a rien fait en matière de transition énergétique. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-Claude Raux et M. Pierrick Courbon s’exclament également.)Pourtant, toutes les structures de notre pays – y compris les fédérations sportives – ont déjà engagé des actions. Le monde du sport a même parfois dû appliquer des mesures excessives, alors que sa mission première reste l’activité sportive, vous en conviendrez.En réalité, la France est l’un des pays les plus vertueux au monde : nous sommes à la pointe de la transition écologique ; nous avons imposé, normé et exigé des efforts bien supérieurs à ceux des autres pays. Toutes les fédérations sportives font donc déjà des efforts.Je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus ! Peut-être voulez-vous que le machin appelé Ademe, qui nous coûte 4 milliards d’euros par an, exige que chaque club de sport demande à ses joueurs de planter son slip, son short, son maillot dans le gazon pour vérifier la qualité des sols !

De grâce, arrêtons d’exiger toujours plus et concentrons-nous sur les aspects sportifs, qui sont la priorité de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

C’est bon !

Pas masqué !

On y est ! 11 h 54 ! On l’attendait !

Eh oui !

Eh bien oui !

Et les vôtres, on en parle ?

Excellent !

L’article 1er A limite la rémunération des dirigeants de fédération à trois fois le plafond prévu par le code de la sécurité sociale, soit environ 137 000 euros brut annuels. L’article 1er, quant à lui, fixe pour les ligues un plafond aligné sur la rémunération du président du conseil d’administration d’un établissement public industriel et commercial (Epic). Or deux structures soumises à la même délégation de service public ne sauraient obéir à des références différentes. Le présent amendement vise à corriger cette incohérence.

Il est encore une fois question d’un rapport. Le rapport annuel que les ligues transmettent au ministre chargé des sports n’est transmis à aucune commission parlementaire. Or, si le Parlement vote la loi organisant le sport professionnel, il doit pouvoir en contrôler l’application. Pour cette raison, nous souhaitons que ce rapport soit transmis aux commissions permanentes compétentes de l’Assemblée et du Sénat.

Chut !

Tremblez !

Votons contre la « nouvelle France » !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).