Discours du 22 juin 2026
Karen Erodi · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°278
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Elle consiste surtout à les écouter !
Vous avez déposé une motion de rejet préalable à la troisième lecture d’un texte que les Français attendent depuis des années. C’est la troisième lecture, et vous voudriez, une fois de plus, claquer la porte au nez des personnes en fin de vie ? Il fallait oser, monsieur Hetzel, et vous avez osé ! Vous rejetez non pas un texte, mais des malades en fin de vie qui souhaitent partir dignement.Rappelons les faits, puisque vous les avez oubliés. En 2023, l’État a réuni une convention citoyenne – 184 Français tirés au sort, vingt-sept jours de travail, des dizaines d’auditions, près de 4 millions d’euros d’argent public engagés. Après avoir tout entendu – le pour, le contre –, ces citoyens se sont prononcés à près de 76 % en faveur de l’aide à mourir. Le pays les suit, puisque plus de huit Français sur dix approuvent ce texte.Voilà ce que votre motion voudrait effacer. La Convention citoyenne a parlé, vous n’écoutez pas ; le peuple a parlé, vous n’écoutez pas ;…
…les malades vous implorent, vous n’écoutez toujours pas. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Stéphane Delautrette, rapporteur, applaudit également.) Vous bafouez la volonté du peuple.Vous faites passer vos convictions et vos arrière-pensées idéologiques avant les souffrances réfractaires des malades en fin de vie. Vous voulez ériger votre morale en loi pour tous. Vous êtes égoïste. Vous ne pouvez pas priver les gens d’un nouveau droit, que chacun sera libre d’utiliser ou non. Ce n’est pas du courage, c’est du mépris.
Pendant que vous manœuvrez, vous abandonnez des malades en fin de vie. Ils souffrent pendant que cet hémicycle s’enlise dans vos arrangements politiques – de vulgaires compromis ficelés dans leur dos. Présenter une motion de rejet préalable à ce stade de l’examen du texte, c’est empêcher de partir dignement des personnes manifestant une volonté libre et éclairée, atteintes d’une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, et présentant des souffrances réfractaires liées à l’affection ou au traitement.Nous, nous ne fuyons pas. Collègues, au nom de la Convention citoyenne, au nom de huit Français sur dix, au nom de toutes celles et tous ceux qui n’en peuvent plus d’attendre, balayez cette motion indigne. Regardons enfin la mort en face pour ce qu’elle est : une étape de la vie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
C’est scandaleux, ce que vous dites !
Huit Français sur dix sont d’accord ! Vous méprisez le peuple !
Les directives anticipées ont été prévues pour ça !
Nous en discutons depuis trois ans !
D’un nouveau droit, dont vous ne voulez pas !
Huit Français sur dix approuvent le texte !
Le texte est précis, vous le savez !
Exactement !
C’est scandaleux !
Désinformation !
N’importe quoi !
Exactement !
On n’oblige à rien !
…jusqu’au décès, dites-le !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).