Discours du 24 juin 2026
Karen Erodi · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°282
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L’article 4 est la porte d’entrée du droit que nous écrivons. Il établit qui pourra mourir dignement, donc, en creux, qui sera exclu de cette possibilité. Or sa rédaction actuelle exclut une partie de ceux qui devraient y avoir accès. En effet, elle exige l’expression en pleine conscience d’une volonté puis sa réitération jusqu’au dernier jour. Pour la plupart d’entre nous, cette condition coule de source. Mais nous devons penser à celles et à ceux dont la conscience, précisément, est attaquée par la maladie de Charcot, la maladie d’Alzheimer et la maladie à corps de Lewy, ou encore aux victimes d’AVC. Il est question de gens lucides, qui savent ce qui les attend et demandent par écrit à être libérés de leur corps lorsqu’ils n’auront plus leur tête, afin de connaître une fin de vie qu’ils considèrent comme digne.Ils font état de cette volonté dans les directives anticipées qu’ils rédigent, et désignent une personne de confiance, comme le leur a appris notre République, car depuis la promulgation de la loi Claeys-Leonetti de 2016, ces directives sont opposables aux médecins. Sur leur seul fondement, on accorde déjà aujourd’hui une sédation profonde et continue jusqu’au décès.Telle est l’incohérence que je veux mettre en lumière devant vous : voilà un document sur la base duquel on peut endormir une personne jusqu’à ce qu’elle s’éteigne, mais qui ne permet pas qu’on lui accorde l’aide à mourir qu’elle a expressément demandée. Un même papier ; deux poids, deux mesures. Pour les personnes dont je parle, il n’existe aucun recours : une fois leur discernement aboli, elles ne bénéficient d’aucune deuxième chance, d’aucune procédure de rattrapage. Si nous ne modifions pas la rédaction de l’article, leur volonté écrite sera vouée à n’être rien. C’est tout le sens des amendements que je défendrai. Faisons confiance à la personne : nous nous sommes promis que nos choix nous survivraient : tenons jusqu’au bout cette promesse ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).