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Discours du 23 juin 2026

Karine Lebon · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°280

Il est urgent de rétablir le libre choix par la personne des modalités d’administration de la substance létale. C’est l’objet du présent amendement comme de l’amendement de repli no 641. Si vous en êtes d’accord, madame la présidente, ma défense vaudra pour ces deux amendements.Dans la rédaction actuelle, le principe est l’autoadministration et l’intervention d’un médecin ou d’un infirmier n’est possible que si la personne en est physiquement incapable. Or cette disposition est trop restrictive. Le choix de s’administrer soi-même la substance létale ou de demander qu’elle le soit par un professionnel de santé touche à quelque chose de profondément intime, qui ne tient pas seulement à l’incapacité physique mais aussi à l’angoisse, à l’épuisement, à la peur du geste, au besoin de bénéficier jusqu’au bout d’un accompagnement médical. Une personne peut être physiquement capable d’accomplir ce geste, mais ne pas vouloir en porter seule le poids, sans pour autant que sa demande en soit moins libre, moins éclairée ou moins digne de respect.L’adoption de l’amendement ne supprimerait donc aucune garantie : les conditions d’accès à l’aide à mourir sont toujours les mêmes, la procédure demeure encadrée, le consentement reste vérifié, les professionnels conservent leur clause de conscience. Mais elle éviterait l’instauration d’une hiérarchie entre les patients ou entre les modalités d’exercice de ce droit. Si la loi reconnaît l’aide à mourir, elle devra aussi reconnaître la liberté de choisir la manière dont cette aide s’applique. (Mme Danielle Simonnet applaudit.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).