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Discours du 2 octobre 2026

Karine Lebon · Session ordinaire 2026-2027 · séance n°4

J’ai vérifié la rédaction de l’amendement de notre collègue Rimane et Mme Petit a raison : il ne mentionne pas les outre-mer ou la Guyane, mais bien « les territoires comprenant des communes ou des zones non reliées au réseau routier ou caractérisées par des contraintes particulières d’enclavement ou d’éloignement géographique » avant de dérouler son dispositif. Je vous invite à adopter cet amendement, qui ne concerne pas spécifiquement la Guyane, mais permettra bel et bien de prendre en compte sa situation particulière, comme celle d’autres territoires.

Je remercie ma collègue Elsa Faucillon d’avoir défendu l’amendement en mon absence. J’étais il y a quelques minutes en visio avec La Réunion. Monsieur le ministre, je vous remercie pour cet avis favorable ! Cette disposition est importante, notamment dans ce territoire. Au mois d’août, j’ai encore recueilli un témoignage accablant : alors qu’elle était en vacances chez sa mère à La Réunion, une petite fille a dénoncé des faits d’inceste commis par son père à Toulon. Elle a porté plainte à La Réunion, la plainte a mis plus de six mois à être transférée et l’enfant n’a pas été entendue en procédure Mélanie, ni sous une autre forme. Pendant plusieurs mois, elle a demandé à sa mère pourquoi on ne la croyait pas...Je suis vraiment heureuse d’entendre que cet amendement a reçu un avis favorable du gouvernement. En effet, il a connu un destin rocambolesque : après avoir été déclaré irrecevable en commission spéciale, parce que je n’avais pas précisé le type de violences qu’il visait, il l’a également été en séance. Il a fallu que nous nous battions pour qu’il soit finalement examiné. Qu’il soit adopté aujourd’hui, franchement, cela fait ma journée ! (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes EPR, SOC, Dem et HOR. – Mme la rapporteure générale et Mme la rapporteure applaudissent également.)

Monsieur Ménagé, si, comme vous le dîtes, personne ne nie l’écrasante proportion des femmes victimes tuées par des hommes, alors pourquoi cherchez-vous à les invisibiliser ? Votre rédaction est très maladroite : si vous n’aviez pas supprimé le mot féminicide et si vous aviez rajouté la prise en compte des meurtres dans des couples homosexuels, l’intention aurait été sensiblement différente. Mais, en supprimant le mot féminicide, vous invisibilisez les meurtres de femmes commis par des hommes. Vous employez beaucoup de mots pour essayer de travestir la réalité mais, si vous ne voyez pas le problème dans votre amendement, c’est que vous faites partie du problème ! (Mmes Ségolène Amiot et Karen Erodi applaudissent.)Pour terminer, monsieur Ménagé, j’ai éprouvé un profond malaise en entendant, à l’occasion de l’examen de cette proposition de loi, un homme politique dire à des femmes politiques avec lesquelles il n’est pas d’accord qu’il leur faudrait se faire toutes petites et se taire. Dans le cadre de cette loi, c’est une honte ! (Mmes Marie-Charlotte Garin et Anaïs Belouassa-Cherifi applaudissent.)Un dernier mot avant de me taire : je vais quand même vous rappeler certaines paroles de Jean-Marie Le Pen…

…, qui n’a pas caché son homophobie : « Je vais le faire courir, le rouquin de pédé. » L’homophobie, cherchez là où elle est : dans vos rangs ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – Mme Marie-Noëlle Battistel applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).