Discours du 23 juin 2026
Kévin Mauvieux · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°281
Je me suis assez peu exprimé depuis le début de l’examen du texte, mais les propos que j’entends me donnent envie d’intervenir. Les infirmiers sont-ils soumis au serment d’Hippocrate ? Non, que je sache.
Tout à fait, seuls les médecins y sont soumis. Vous me coupez sans même écouter mon argument ; c’est normal que vous ne compreniez rien. Les médecins sont soumis au serment d’Hippocrate, or c’est par ce serment qu’était motivé l’amendement no 221 qui a été adopté tout à l’heure, lorsque vous étiez tous absents. C’est pourquoi les infirmiers n’y sont pas mentionnés.Le Rassemblement national a déposé des amendements visant à exclure médecins et infirmiers de l’administration de l’injection létale. Malheureusement, ils n’ont pas été adoptés, car vous étiez alors présents. Toutefois, comme les autres députés, nous déposons parfois des amendements dits de repli, visant à parvenir à nos fins par divers moyens. Nous avons donc déposé des amendements séparés visant à exclure du dispositif, respectivement, les infirmiers et les médecins. L’amendement qui a été voté lorsque vous étiez en train de manger votre dessert (Rires sur plusieurs bancs du groupe RN. – Protestations sur plusieurs bancs du groupe SOC) était fondé sur le serment d’Hippocrate, il avait donc pour objet de supprimer la participation des médecins au dispositif. Je vous rassure : s’il est possible de supprimer aussi celle des infirmiers, nous le ferons. D’ailleurs, les amendements dont nous débattons en ce moment mentionnent à la fois les médecins et les infirmiers.Puisque vous affirmez sans cesse que les médecins souhaitent pouvoir injecter des doses létales, j’ajouterai que de nombreux médecins et infirmiers m’ont contacté pour me demander non de les autoriser à donner la mort, mais de tout faire pour le leur éviter.
Oui, c’est leur choix : laissez-les décider ! Ils sont venus me dire qu’ils ne voulaient pas pouvoir injecter de dose létale et qu’ils avaient choisi leur profession pour soigner. Une dose létale n’est pas un médicament ; elle en est tout le contraire, puisqu’elle conduit à la mort. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).