Discours du 31 octobre 2024
Laure Lavalette · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°29
Je voudrais d’abord que nous ayons une petite minute de reconnaissance, sinon de silence, pour Noé Gauchard du Nouveau Front populaire : en position de se maintenir au deuxième tour des élections législatives de juin dernier, il a préféré se retirer et faire élire Mme Borne, grande prêtresse de la réforme des retraites. Merci Noé Gauchard ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Les Français ne vous disent pas merci.Le document demandé par Mme Loir est évidemment nécessaire.L’absence de Mme Rousseau me permettra également de parler de natalité sans qu’on me parle de mon utérus. La productivité et la natalité constituaient, en effet, les grandes oubliées de la réforme des retraites. Mme la ministre évoque la productivité, à juste titre : la plupart des emplois créés à l’issue de la crise du covid sont des emplois à faible valeur ajoutée. C’est tout ce que la Macronie a pu produire. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)
Quant à la natalité, elle est évidemment nécessaire : sans la natalité des Trente Glorieuses, ni 1981, ni le programme commun n’aurait été possible, non plus qu’aucune autre avancée sociale. Sur ce point, vous, la gauche, vous mentez aux Français parce qu’être antinatalité, c’est être antisocial : les clowns, c’est vous (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR)…
…et les acrobates, c’est vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et plusieurs bancs du groupe UDR.)
Quels sont les emplois créés ?
Ce n’était pas vous, en tout cas !
Faire des enfants, c’est justement ce que les Français veulent !
M. Sitzenstuhl, vous venez de répondre à M. Bayrou, qui nous invitait à choisir entre la natalité et l’immigration. Alors que c’est à cette dernière que vont vos faveurs, nous, nous n’avons pas baissé les bras et pensons encore que la natalité a toute sa place dans nos politiques. D’ailleurs, il fut un temps où même la gauche la défendait, ainsi que la famille.
Les femmes françaises ont 1,7 enfant en moyenne, alors qu’elles désirent en avoir 2,5 : laissez-les donc libre d’avoir le nombre d’enfants dont elles ont envie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)Il n’est évidemment pas question de forcer qui que ce soit et personne à part vous ne peut l’imaginer.
Évidemment, il revient à l’État de donner aux familles les moyens économiques d’avoir le nombre d’enfants dont elles ont envie. Figurez-vous d’ailleurs qu’à long terme, une politique nataliste est plus efficace qu’une politique encourageant l’immigration.
La vérité, c’est que vous méprisez les retraités ! La vérité, c’est que vous méprisez les ouvriers ! La vérité, c’est que vous méprisez les familles ! Les Français ne s’y sont pas trompés et, comme Mme la ministre que je paraphraserai volontiers, je me souviens moi aussi des élections européennes et législatives, lors desquelles les Français ont placé le RN très en tête dans les sondages.
Peut-être, madame Panot, mais le RN est arrivé en tête dans 93 % des villes françaises – ce n’est pas un sondage, mais un résultat ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Merci de nous laisser libres ! (Mêmes mouvements.)
Cela n’a rien à voir !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).