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Discours du 21 juillet 2026

Laure Lavalette · Première session extraordinaire 2026 · séance n°23

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Le groupe Rassemblement national accorde une grande importance à la liberté d’expression et à la liberté d’opinion sur les réseaux sociaux, principes cardinaux de notre démocratie. La défense de ces libertés doit s’articuler avec la protection de notre jeunesse, que la fréquentation d’internet, et surtout celle des réseaux sociaux, expose à de multiples dangers. Cyberharcèlement et manipulation, contenus violents ou pornographiques, troubles du sommeil et perte de concentration, dégradation de l’estime de soi et de la santé mentale : les effets des réseaux sociaux sur les plus jeunes, désormais largement documentés, sont ravageurs.Les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène : 67 % des élèves de primaire fréquentent déjà les réseaux sociaux ; chez leurs aînés, l’absence de compte ouvert sur l’un de ces réseaux est devenue l’exception puisqu’elle ne concerne que 7 % des collégiens et 4 % des lycéens – dont mes enfants, hélas, ne font pas partie !Cette dynamique n’est pas nouvelle. Les questions que l’on pose aujourd’hui auraient dû être soulevées il y a cinq, voire dix ans. Les parents, les éducateurs et les responsables politiques que nous sommes se doivent de réagir. En politique, ce qu’il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c’est ce qui se passe sous nos yeux, disait Tocqueville. Pendant que nous hésitions, les algorithmes se perfectionnaient. Pendant que nous débattions, les plateformes captaient l’attention d’enfants toujours plus jeunes. Pendant que les pouvoirs publics tardaient à intervenir, des habitudes et des dépendances s’installaient durablement.Bien que sur tous les bancs, on s’accorde – je l’espère – sur cet impératif, une inquiétude demeure à l’issue de la commission mixte paritaire. En effet, les modalités d’application de l’interdiction qu’il est question d’instaurer, notamment la vérification de l’âge, imposent à tous les utilisateurs de se soumettre à une vérification d’identité. Comment garantir la protection des données personnelles et le bon traitement des enjeux de sécurité nationale et individuelle qu’impose cet état de fait ? Comment garantir la liberté d’opinion et d’expression et assurer à nos concitoyens que ces moyens ne seront pas utilisés à des fins de surveillance ? Ces questions sont légitimes. Y répondre impose malheureusement que nous débattions des modalités techniques d’application du texte, dont ce dernier ne dit rien.J’entends également ceux qui remarquent que le texte ne prévoit aucune implication des parents, pourtant premiers responsables et éducateurs. Notre devoir de législateur est de protéger les mineurs et le devoir des parents est de contrôler l’usage que font leurs enfants des réseaux sociaux.Nous partageons l’objectif d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de 15 ans. Nous soutenons aussi l’interdiction des téléphones portables dans les lycées – proposition d’ailleurs formulée il y a plusieurs mois par Marine Le Pen et Jordan Bardella. Si votre texte, madame la ministre, traite du pourquoi, il ne dit rien du comment, et représente dans son état actuel une atteinte potentielle aux libertés publiques, auxquelles nous sommes farouchement attachés. Dans la mesure où il n’est pas équilibré, nous vous invitons, madame la ministre, à le retirer de l’ordre du jour et à revoir votre copie, sans quoi nous refuserons de le voter et nous nous abstiendrons. (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).