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Discours du 19 mai 2026

Laurent Marcangeli · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°236

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Nos entreprises n’ont pas déclenché la guerre au Moyen-Orient mais ce sont elles qui en paient la facture. En effet, depuis le mois de février, le détroit d’Ormuz est fermé. Ce point de passage, par lequel transitait environ un quart du pétrole mondial, est aujourd’hui infranchissable, et rien n’annonce un retour à la normale.Disons les choses simplement : cette crise risque de s’installer et notre économie devra apprendre à vivre avec. Le baril de pétrole est passé de plus de 70 dollars avant la guerre à plus de 100 dollars aujourd’hui. Le prix du gaz a encore augmenté de plus de 15 % le 1er mai. Et notre croissance, déjà fragile, en paie le prix.Derrière ces chiffres, il y a des entreprises, des pans entiers de notre économie et, surtout, le quotidien de celles et ceux qui travaillent. Dans l’agriculture, la flambée des engrais conduit certains à différer leurs achats en espérant un répit qui tarde à venir. Pour la pêche, l’énergie peut représenter plus d’un tiers des coûts. Pour le transport routier et les taxis, chaque plein rogne des marges déjà bien minces. Dans le secteur du bâtiment, les prix changent en quelques jours, au point qu’un artisan ne peut plus établir un devis fiable. Partout, ce qui a été engagé hier se paie aujourd’hui sur les marges et demain sur l’emploi. Car la vraie question est : comment investir, embaucher, s’engager, quand personne ne sait ce que coûtera un plein de carburant ou une tonne d’engrais dans quinze jours ?À chaque nouvelle crise, le constat se répète : notre économie redécouvre sa vulnérabilité et ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix. Ainsi, monsieur le premier ministre, ma question est simple et je la pose au nom de l’agriculteur qui n’ose plus commander ses engrais, au nom du pêcheur qui calcule chaque sortie en mer, au nom de l’artisan qui ne sait plus chiffrer son prochain chantier : que fait l’État, concrètement, pour qu’ils puissent continuer à travailler ? (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)

Merci pour cette réponse complète, monsieur le Premier ministre. Ce que vous avez indiqué est très important, il faut que nos compatriotes sachent que cette crise va durer. Ils ont besoin de visibilité. L’activité économique a besoin de visibilité, et peut-être aussi de plus de calme dans cet hémicycle ! (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).