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Discours du 26 mai 2026

Laurent Marcangeli · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°246

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La vie publique est ainsi faite qu’il nous arrive parfois d’avoir à prononcer des allocutions, des discours que l’on aurait volontiers refusés ; celui que je m’apprête à faire devant notre assemblée en fait partie.Vous avez déjà beaucoup dit, madame la présidente. Depuis plus de vingt-quatre heures, le groupe que j’ai l’honneur de présider est touché en plein cœur, K.-O. debout, frappé par cette nouvelle terrible, par cette injustice : la disparition de notre amie et collègue Béatrice Bellamy, partie à 59 ans – emportée par cette maladie qu’elle a combattue du mieux qu’elle le pouvait, tout au long de sa vie.Par son action désintéressée, associative, militante, elle a eu la volonté de servir ses concitoyens, auprès de la population de La Roche-sur-Yon – adjointe au maire Luc Bouard durant plusieurs mandats, elle a été une élue locale passionnée –, mais aussi dans le domaine du sport.Cette personnalité – dont la photo ici projetée est si parlante – souriante, solaire, empreinte de bonté, de tranquillité, tout en étant dotée d’une grande force de conviction, nous accompagnait depuis près de quatre ans avec cette sympathie, cette amitié, ce sens de la camaraderie que la politique peut parfois susciter.Béatrice Bellamy témoigne de ce qui est beau dans l’action publique. Nous sommes souvent critiqués, caricaturés, et même conspués, mais des parcours tels que celui de Béatrice montrent que ce que nous faisons en vaut la peine, que certains engagements réhabilitent la chose publique, que des comportements, une exemplarité, une manière de faire, de vivre et d’être, dans les fonctions que nous occupons, font que nous ne sommes pas ici pour rien.C’est un jour difficile pour les siens ; pour Didier, pour Jean, pour Pierre, pour sa fidèle équipe de collaborateurs qui l’a soutenue jusqu’au bout, dans ces moments interminables de lutte contre une maladie terrible. Je veux saluer Joséphine, Maximilien et Sophie.Je conclurai par une citation d’un de nos grands écrivains, Jean d’Ormesson. Ce matin, alors qu’encore frappé par l’émotion, je lisais – c’est l’une de mes passions –, je suis tombé sur cette phrase qui en dit long. Je vous demande de la méditer, parce que c’est, à mes yeux, ce que représentent Béatrice Bellamy et l’absence qu’elle laisse derrière elle. « Il y a quelque chose de plus fort que la mort : c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. » (Les députés et les membres du gouvernement, debout, applaudissent longuement.)

Monsieur le premier ministre, Béatrice Bellamy, à laquelle nous venons de rendre hommage, incarnait la Vendée. Conseillère municipale dès l’âge de 23 ans, et longtemps déléguée aux sports dans la commune de La Roche-sur-Yon, c’est elle qui, comme l’a rappelé Mme la présidente, a créé en 2015 La Joséphine, cette grande course organisée pendant Octobre rose, qui rassemble des milliers de Vendéennes et de Vendéens contre le cancer du sein.À l’Assemblée nationale, elle s’est engagée sans relâche pour le sport et la santé, deux combats qui n’en faisaient qu’un seul : le sport-santé, remède à tant de fragilités de notre temps. Elle s’est aussi engagée pour la protection des sportives et des sportifs. Comme présidente de la commission d’enquête sur les défaillances des fédérations sportives françaises, c’est elle qui, aux côtés de Sabrina Sebaihi, a brisé l’omerta sur les violences sexuelles dans le sport.Mes chers collègues, aux meilleurs d’entre nous, nous devons plus que des mots, nous devons des actes. Monsieur le premier ministre, quelles suites le gouvernement entend-il donner aux travaux de cette commission dans les prochains mois ?D’autre part, la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel, adoptée par le Sénat, examinée par la commission des affaires culturelles début mai, n’attend désormais plus que son inscription à l’ordre du jour de la séance publique. Quand permettrez-vous à la représentation nationale d’achever ce travail que Béatrice voulait mener jusqu’au bout à nos côtés ? (Applaudissements sur tous les bancs.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).