Discours du 11 juin 2026
Laurent Mazaury · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°268
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L’ADN de notre groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires tient en un mot, un mot puissant, un mot juste : la proximité. Le texte que nous examinons aujourd’hui n’est pas hors sol. C’est un texte de chair, de terre et de mer, un texte de territoire.Depuis cette tribune, nous le rappelons sans cesse, et je le dis avec force : les outre-mer ne sont pas et ne seront jamais de simples extensions administratives ou lointaines de l’Hexagone ! Nos territoires ultramarins ont leurs propres réalités économiques, leurs propres défis sociaux et des géographies spécifiques qui exigent du législateur une écoute absolue et, surtout, un immense respect. C’est pourquoi nous entendons et soutenons avec enthousiasme l’appel légitime de nos collègues de Guyane.Par cet appel, ils revendiquent plus de dignité et d’autonomie décisionnelle. Avec une farouche volonté, ils souhaitent pouvoir enfin tracer eux-mêmes leur trajectoire de développement et valoriser les richesses potentielles de leur environnement. Alors oui, la loi de 2017 a fixé un cap, celui de la transition écologique, auquel notre groupe souscrit pleinement.
Mais…
…la transition ne peut pas se faire contre les territoires, en imposant une double peine à des populations qui subissent de plein fouet le changement climatique, alors qu’elles n’en sont aucunement responsables. Nous devons refuser l’immobilisme, cette condescendance passive qui consiste à nier le besoin vital de développement économique des outre-mer sous le prétexte d’un dogme environnemental.Mais regarder la réalité en face, c’est aussi être exigeant. Lever l’interdiction, oui, mais avec audace, responsabilité et au bénéfice direct des populations locales. C’est là le cœur de notre combat.
Cette ouverture doit être synonyme de progrès partagé. Nous posons des conditions claires et fermes.Premièrement, la justice économique. Si les richesses du sous-sol sont exploitées, la valeur doit être captée d’abord et avant tout par les territoires et leurs habitants, et non par des acteurs lointains.Deuxièmement, la sécurité environnementale. Nos écosystèmes sont des trésors de biodiversité. L’excellence technologique et des garanties de sécurité maximales doivent encadrer chaque projet, notamment en mer, pour protéger notre économie bleue, notre pêche et notre tourisme.Troisièmement, la souveraineté. Ce texte doit être un levier pour l’avenir. C’est pourquoi nous soutiendrons activement les amendements visant à associer cette exploitation à un investissement massif dans la sobriété, l’efficacité énergétique et, bien sûr, les énergies renouvelables.Monsieur le ministre, refuser de faire du surplace exige aussi que l’État prenne ses responsabilités. Nous attendons du gouvernement un accompagnement sans faille, des investissements massifs dans les infrastructures, la formation de la jeunesse ultramarine et la lutte contre la pauvreté.Mes chers collègues, je choisis donc la confiance, car faire confiance aux territoires, c’est leur donner les outils de leur émancipation. Nous voulons une écologie de l’action, une économie du concret et une décentralisation qui donne enfin du pouvoir à ceux qui vivent sur place, loin de Paris. Cette proposition de loi rompt avec la logique jacobine de l’interdit uniforme, fait le pari de la responsabilité territoriale et ouvre la voie à un avenir choisi et non subi. Pour toutes ces raisons, la majorité du groupe LIOT, comme toujours fort de ses différences, soutiendra avec force et conviction cette proposition de loi.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).