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Discours du 30 juin 2026

Laurent Nunez · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°295

Personne ne minimise ce drame ; personne ! On a vu des jeunes agir avec une violence inouïe, se comporter comme de véritables barbares et s’en prendre au jeune Louis. Au moment où je vous réponds, j’ai évidemment une pensée pour sa famille. Que les choses soient claires : personne ne minimise ce drame ! L’enquête en cours déterminera la part de responsabilité des uns et des autres et nous espérons toutes et tous que les sanctions seront exemplaires.Vous avez employé le mot d’ensauvagement pour me reprocher d’avoir refusé de l’utiliser. C’est – vous le savez – un mot connoté politiquement.

Ministre de l’intérieur, je préfère des mots objectifs et un choc d’objectivité à des chocs de mots. Personne ne nie – je ne l’ai jamais fait – qu’il y a chez certains jeunes la montée d’une violence insupportable, qui se manifeste dans de nombreux domaines. On le voit dans les home jacking, les vols violents et dans d’autres circonstances. Malheureusement, on l’a vu ici, au cas d’espèce, et franchement, c’est ignoble. Évidemment, tout est fait pour confondre les auteurs et les enquêtes se poursuivent.On m’a accusé par ailleurs de parler de « récupération ». Avez-vous vu les manifestations qui se sont tenues ? Deux groupuscules d’ultradroite nationaliste ont parlé de francocide, de blancocide et de crime raciste, alors même que le procureur n’a pas employé ces mots ? Je veux aussi répondre sur ce sujet. On m’accuse de minimiser les faits parce que je ne veux pas nommer les choses de cette façon. Je ne les nomme pas ainsi parce que ça n’est pas ainsi. Il faut savoir le dire ! Et, quand je parle de récupération, vous savez très bien que je ne vise pas votre formation politique…

…mais d’autres : M. Zemmour, M. Ravier et M. Messiha ont tenu des propos qui ne sont pas acceptables !Ce que nous devons faire, c’est lutter tous ensemble contre cette violence des jeunes, qui ne regarde pas seulement le garde des sceaux et le ministre de l’intérieur.

Il faut, à tous les étages, rappeler ce choc d’autorité indispensable et, évidemment, de ce point de vue, je partage votre préoccupation.

Je vous remercie du soutien que vous avez exprimé aux forces de sécurité intérieure. Vous avez raison de rappeler qu’il y a eu un refus d’obtempérer ce week-end, au Cannet. Il y en a eu un autre à Montceau-les-Mines et encore un autre à Rosny-sous-Bois, où un policier a été sérieusement blessé, tandis que certains ont dû faire usage de leur arme administrative.Oui, nous serons extrêmement vigilants pour renforcer les moyens des policiers (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Jean Terlier applaudit également), notamment les moyens juridiques avec le texte Ripost, inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée. Je compte sur la mobilisation de tous les groupes pour le faire adopter car, dans cet hémicycle, il y a une opposition au durcissement des sanctions pénales (Applaudissements sur les bancs du groupe DR) envers ceux qui portent atteinte aux policiers, notamment en usant de mortiers. Dans cet hémicycle, il y a des personnes qui s’opposent à ce que nous réprimions l’usage des mortiers à l’encontre les policiers ! Ce texte viendra en séance la semaine prochaine.Suivra le texte, soutenu par le groupe Droite républicaine – je le remercie – qui accordera une présomption d’usage légitime de leur arme aux forces de sécurité intérieure, à nos policiers et nos gendarmes, ce qui est une bonne chose. (M. Laurent Wauquiez applaudit.) Je serai évidemment en séance à vos côtés pour défendre ce texte, qui a le soutien du gouvernement.Le texte sur les polices municipales viendra en discussion au mois de septembre. Évidemment, il sera aussi adopté.Vous avez raison de parler des moyens. C’est important. Nous poursuivrons les efforts de recrutement entrepris cette année – 700 emplois – dans la filière judiciaire. Alors que les organisations syndicales manifestent en ce moment même devant Bercy – vous l’avez évoqué –, je puis vous dire que nous nous emploierons à appliquer le nombre le plus élevé possible de mesures issues du protocole signé en 2022. C’était quelque chose d’important, que Gérald Darmanin a voulu pour renforcer les conditions matérielles d’exercice des forces de sécurité intérieure.En tout état de cause, je vous remercie, ainsi que votre groupe, de votre appui et je remercie également les autres groupes qui nous soutiennent. Vous pouvez compter sur ma détermination pour mener à bout chacun de ces projets. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe EPR.)

Le gouvernement et mon ministère ont parfaitement conscience de la pression migratoire exceptionnelle que subit Mayotte, sans aucun équivalent ailleurs sur le territoire national. Nous mobilisons et allons continuer à mobiliser énormément d’effectifs sur ce territoire. Cinq escadrons mobiles de gendarmerie et 1 200 policiers contribuent à sécuriser le territoire et à reconduire hors des frontières les étrangers en situation illégale interpellés.Cela passe d’abord par des interceptions en mer, dont le nombre a doublé en 2025 et doublera encore en 2026, afin d’empêcher des arrivées. Viennent ensuite les reconduites. Vous avez dit qu’elles n’étaient pas effectives, alors que plus de 10 000 ont été réalisées depuis le début de l’année. De plus, de début avril au 1er juin, nous avons mené une grande opération, dénommée Kingia, qui a permis de réaliser énormément d’interpellations et de lutter contre l’immigration illégale, l’économie illégale et l’habitat illégal. Dans ce seul cadre, 3 900 reconduites ont été effectuées. Je tiens donc à saluer le travail mené par le préfet Frédéric Poisot et par l’ensemble des équipes des forces de sécurité intérieure et des forces armées.J’ai bien entendu votre interpellation sur la situation au camp de Tsoundzou, dont j’ai discuté en visioconférence avec le président de la collectivité. J’ai pris bonne note de la position des élus, de leur souhait que ce camp ne soit pas réimplanté. Nous travaillons pour le sécuriser. D’autre part, nous élaborons, avec les États de provenance des migrants qui s’y trouvent – les pays de la Corne de l’Afrique ou de la région des Grands Lacs pour la plupart d’entre eux –, des dispositifs de reconduite forcée ou de reconduite volontaire en mobilisant l’aide au retour volontaire. J’ai bien reçu votre message, ainsi que celui des élus, avec qui nous poursuivons la concertation.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).