Discours du 21 octobre 2024
Leila Chaibi · Une Europe plus forte pour des produits plus sûrs afin de mieux protéger les consommateurs et de lutter contre la concurrence déloyale: renforcer la surveillance par l'UE du commerce électronique et des importations (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, des ballons de baudruche à gonfler soi-même bourrés de substances cancérigènes, des jouets comprenant des pièces qui peuvent être avalées, des casques de moto pour enfants qui, en fait ne protègent pas du tout, des détecteurs de fumée qui ne détectent pas la fumée… Ces produits dangereux ne sont pas des exceptions: ils pullulent sur des plateformes de vente en ligne comme Amazon, Temu ou Wish. Les associations de consommateurs les ont testées, et le constat est alarmant.
Comment est-il possible que ces objets puissent envahir le marché européen? La réponse est simple. Pour les géants du commerce électronique, la priorité c’est: les profits, et le marché européen, c’est le jackpot.
C’est un triple jackpot, en réalité. D’abord, un jackpot sur les normes de sécurité, car ces plateformes ignorent les normes de sécurité en vigueur chez nous. Elles inondent l’Union européenne de produits qui ne respectent pas les réglementations en matière de sécurité, et mettent donc les Européens en danger.
C’est un jackpot sur les conditions de travail, car ces produits sont fabriqués dans des conditions inacceptables, en exploitant les travailleurs et en détruisant la planète.
C’est un jackpot sur les obligations fiscales, car, pour couronner le tout, ces plateformes trouvent le moyen d’échapper à leurs obligations fiscales. Et tout cela permet à ces plateformes de commerce électronique de casser les prix et d’écraser nos entreprises européennes, qui ne peuvent pas rivaliser face à cette concurrence déloyale.
Chers collègues, il est temps de sonner la fin de la récré pour Amazon, pour Temu, pour Alibaba et compagnie. L’Union européenne passe beaucoup de temps à discuter, à légiférer sur le poids des pommes ou sur la pulpe des poires. Je ne dis pas que ce n’est pas intéressant, que ce n’est pas important, mais je crois qu’il y a plus important et plus urgent en matière de normalisation au sein du marché unique.
Les plateformes de commerce électronique doivent assumer leurs responsabilités et se soumettre à nos règles communes. Elles doivent être tenues pour responsables des produits qu’elles vendent, comme n’importe quel commerçant en réalité. Si elles veulent jouer dans notre cour, alors elles doivent se conformer à nos règles. Pas de passe-droit. La santé et la sécurité des Européennes et des Européens passent avant leurs profits.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.