Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 7 janvier 2026

Liliana Tanguy · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°105

Je remercie les personnalités invitées pour leurs interventions très éclairantes. En tant que membre de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, j’ai souhaité donner suite au rapport qui en est issu et dont l’utilité fait consensus.Les auditions que nous avons menées ont mis en lumière des dysfonctionnements structurels persistants. J’ai rencontré des assistantes familiales de ma circonscription du Finistère, qui m’ont fait part de nombreuses difficultés, notamment liées à des jeunes souffrant de troubles du comportement.J’ai étudié de manière plus approfondie la question de la prostitution des mineurs accompagnés par la protection de l’enfance et j’ai interpellé, lors de son audition, Michèle Créoff, vice-présidente de l’Union pour l’enfance, qui a rappelé avec force que si des outils juridiques existaient bel et bien, leur application demeurait insuffisante.Je tiens à rappeler qu’encore trop de jeunes sortent de l’Aide sociale à l’enfance sans accompagnement réel et sans situation stable – parfois même sans logement ni ressources. Cependant, cette rupture n’est pas une fatalité : elle résulte d’un défaut de coordination institutionnelle et d’un accompagnement trop fragile pour permettre à des jeunes profondément vulnérables de devenir autonomes du jour au lendemain.Je me réjouis de l’adoption d’un amendement au PLF pour 2026, défendu par Laure Miller, présidente de la commission d’enquête. Il tend à créer un fonds de mobilisation départementale doté de 800 millions d’euros, qui permettra l’application concrète de la loi Taquet par les départements et la garantie d’un accompagnement effectif jusqu’à l’âge de 21 ans. C’est un signal politique fort qu’envoie ainsi notre groupe politique.Toutefois, les sorties sèches demeurent une réalité. Avez-vous constaté des avancées réelles dans l’application de la loi Taquet depuis la publication de notre rapport ? Faut-il aller plus loin, conformément à sa soixante-dix-septième recommandation, en portant à 25 ans l’âge limite de l’accompagnement ? Enfin, le contrat jeune majeur ne devrait-il pas devenir automatique et être prolongé, afin de sécuriser réellement le parcours de ces jeunes privés de soutien familial ?

Non !

En effet !

En effet !

Merci d’être parmi nous, madame la ministre, et de nous éclairer sur la politique à venir.Vous avez évoqué la politique des 1 000 premiers jours. Au sein de la stratégie qui se dessine pour essayer d’améliorer la situation, cette politique de la toute petite enfance a-t-elle un effet positif pour prévenir les placements ? J’estime en effet que la meilleure des politiques est celle qui évite que les enfants soient placés. Cette politique des 1 000 premiers jours a-t-elle été évaluée ? Pensez-vous qu’elle donne déjà des résultats ?Vous avez également évoqué la prostitution, objet de ma seconde question. Alors que certains jeunes de l’ASE se retrouvent en errance, devenant parfois les victimes de réseaux, qu’il s’agisse d’addiction aux drogues ou de prostitution de mineurs, existe-t-il déjà des mesures de prévention ou est-il prévu d’en prendre dans le cadre du projet de loi dont vous nous avez parlé ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).