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Discours du 11 juin 2026

Lionel Duparay · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°268

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Cette proposition de loi vise à abroger dans les territoires d’outre-mer l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures instaurée par la loi dite Hulot du 30 décembre 2017. Le groupe Droite républicaine soutient le texte. En effet, les territoires ultramarins font face à des défis économiques et sociaux majeurs qui incluent des taux de chômage pouvant atteindre entre 15 % et 30 % selon les territoires, un coût de la vie supérieur de 30 % à 40 % à celui de l’Hexagone, ainsi qu’une forte dépendance aux importations énergétiques, souvent supérieure à 80 %. Ces réalités appellent une approche pragmatique, adaptée aux spécificités locales. Dans ce contexte, la possibilité de conduire des travaux de recherche et d’exploration constitue un enjeu central de souveraineté et de développement économique.La transition écologique ne peut se construire au détriment du développement des territoires ultramarins. Elle doit au contraire leur permettre de mobiliser tous les leviers nécessaires à leur essor, dans le respect des exigences environnementales et des engagements climatiques de la France. Autoriser la recherche et l’exploration des hydrocarbures permettrait l’évaluation objective des ressources disponibles et préserverait notre capacité de décision souveraine sur le long terme.Par ailleurs, le contexte géopolitique et énergétique international, marqué par une forte volatilité des prix de l’énergie, qui ont récemment connu des variations de plus de 50 % – je pense aux tensions géopolitiques, mais aussi à la crise du covid-19 –, et par des tensions d’approvisionnement, rappelle la nécessité pour la France et pour ses territoires de sécuriser leurs ressources et de réduire leur dépendance stratégique.Alors que la France importe environ 99 % de son pétrole et 98 % de son gaz, il semble légitime de ne pas interdire par principe toute perspective d’exploration, notamment lorsque des pays voisins développent activement leurs capacités de production.Des découvertes majeures de réserves estimées à plusieurs millions de barils réalisées ces dernières années au Suriname et au Brésil démontrent le potentiel énergétique de la région du plateau des Guyanes. Si aucune découverte commercialement exploitable n’a été confirmée en Guyane à ce jour, il apparaît donc pertinent, au vu des progrès technologiques et de l’amélioration des connaissances géologiques, de ne pas fermer définitivement la porte à de futures explorations.Enfin, cette proposition de loi ne remet nullement en cause l’ambition climatique de la France. Elle vise à rétablir une capacité d’évaluation et d’action dans des territoires qui doivent pouvoir choisir eux-mêmes leur trajectoire de développement. Il s’agit de concilier de manière équilibrée protection de l’environnement, création d’emplois – potentiellement plusieurs milliers d’emplois, directs et indirects, selon les projets –, attractivité économique et renforcement de la souveraineté énergétique. (Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback applaudit.)

Nous partageons tous le même constat : la précarité étudiante s’aggrave sans qu’aucune mesure ne parvienne à enrayer ce glissement. Quand on doit compter chaque dépense, limiter ses achats alimentaires, renoncer à des activités sportives et culturelles, et à se soigner, il devient beaucoup plus difficile d’avoir l’esprit libre pour étudier. Ces préoccupations matérielles éloignent les étudiants des enseignements en affaiblissant leur motivation et leur vigueur intellectuelle. Pourtant, nous avons tous intérêt à ce que les travailleurs de demain puissent se former dans de bonnes conditions : c’est l’avenir de notre société qui est en jeu.Or l’absence de revalorisation entraîne chaque année une baisse du montant réel perçu et l’absence d’indexation des barèmes entraîne l’exclusion de nombreux étudiants du bénéfice des bourses, à revenus constants. Alors que les retraites et certaines autres prestations sociales sont régulièrement indexées sur l’inflation, il ne devrait pas en être autrement pour les bourses étudiantes.Le groupe de la Droite républicaine soutenait déjà l’indexation dans le rapport budgétaire Recherche et enseignement supérieur du projet de loi de finances pour 2025. Il s’agit d’une mesure de bon sens qui vise à préserver le pouvoir d’achat de nos jeunes face à l’augmentation du coût de la vie, pour permettre à ceux qui ont la volonté et la capacité d’étudier de le faire dans des conditions dignes.Bien sûr, cette mesure a un coût très important, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros. Une telle somme doit être engagée avec sérieux et, surtout, être intégrée dans une réforme structurelle. Nous devons repenser en profondeur les aides sociales aux étudiants. Des réformes ponctuelles et non coordonnées n’auront aucun impact sur des difficultés qui sont profondément ancrées. Il faut repenser les barèmes, supprimer les effets de seuil, s’assurer que ceux qui en bénéficient en ont vraiment besoin et que ceux qui en ont vraiment besoin en bénéficient.Il faut aussi élargir les perspectives en faisant de l’enseignement supérieur un sujet d’aménagement du territoire. On peut réduire les coûts pour un étudiant en développant les filières dans les territoires où la vie est moins chère et la pression sur le logement moins prégnante. L’examen en commission a prouvé qu’un consensus pouvait être trouvé pour revaloriser les bourses étudiantes. Il doit en être de même en séance publique. Pour toutes ces raisons, le groupe Droite républicaine devrait voter en faveur de cette proposition de loi.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).