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Discours du 15 juin 2026

Lionel Duparay · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°270

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Si nous disposons désormais, depuis l’adoption de la troisième loi-cadre, d’un triptyque législatif sur les restitutions, la question des restes humains originaires des territoires ultramarins n’est toujours pas réglée. Nous examinons aujourd’hui une loi d’espèce relative à la restitution de restes humains des peuples guyanais kali’na et arawak. Je salue chaleureusement les représentants de ces derniers, qui assistent à cette séance depuis les tribunes du public. Nous discutons donc ici pour la première fois du retour de restes humains originaires de notre territoire national ; ce ne sera sûrement pas la dernière. À l’évidence, nous avons là encore besoin d’une loi-cadre afin que nos concitoyens puissent s’appuyer sur une base juridique plus stable. C’est indispensable compte tenu de la gravité du sujet. Nous soutenons donc les recommandations de notre collègue Marion, qui devraient connaître une traduction législative.L’adoption de la présente proposition de loi doit permettre de restituer les restes de six femmes et hommes kali’nas et arawaks exhibés en 1892 au Jardin d’acclimatation, alors parc zoologique. Ces hommes et ces femmes sont morts à Paris en raison des conditions de vie inhumaines qu’ils ont endurées. Pour ajouter au drame, il n’a pas été jugé bon de renvoyer leurs dépouilles là où ils étaient nés et avaient grandi avant leur départ pour la métropole : ils ont été inhumés loin de chez eux, dans l’anonymat de cimetières parisiens. Enfin, leurs dépouilles ont intégré les collections du Muséum national d’histoire naturelle. Elles y ont été conservées en raison de leur intérêt anthropologique, en oubliant l’humanité de ces personnes.Nous sommes donc réunis aujourd’hui pour que ces six personnes puissent recevoir une sépulture digne, selon le rite coutumier. C’est un droit fondamental de l’être humain : leur rendre leur dignité est bien la moindre des choses que la nation puisse faire pour elles. Il s’agit d’une demande incontestable et parfaitement légitime. La dignité humaine n’appelle ni débats partisans, ni controverses historiques. L’adoption à l’unanimité de la proposition de loi en commission illustre l’alignement de l’ensemble des représentants de la nation sur ce sujet. Nous nous en réjouissons tous.Pour atteindre l’objectif fixé, nous devons autoriser la sortie des restes des défunts des collections du musée de l’Homme, en dérogeant au principe d’inaliénabilité du domaine public. Cette dérogation relève du domaine de la loi ; elle appelle donc nécessairement le débat qui nous réunit aujourd’hui. J’espère que les restitutions intranationales seront rapidement facilitées afin d’épargner à ceux qui espèrent le retour des dépouilles de leurs ancêtres l’incertitude et la longueur de la procédure législative. Je salue néanmoins la tenue de ces discussions, qui offrent l’occasion de rappeler que la dignité humaine ne souffre aucune limite.Le groupe Droite républicaine partage pleinement l’objectif poursuivi par ce texte. Fidèles à la position adoptée lors des précédentes lois relatives à la restitution de restes humains, nous voterons en faveur de ce texte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).