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Discours du 21 juillet 2026

Lionel Duparay · Première session extraordinaire 2026 · séance n°23

Je tiens tout d’abord à saluer le travail de notre collègue rapporteure, Laure Miller, qui a défendu ce texte dans le prolongement de la commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs.Les réseaux sociaux sont un formidable lieu d’expression démocratique et de production d’idées. Ils rassemblent une très grande diversité d’opinions non soumises au filtre des médias traditionnels. Ils informent, créent des connexions et permettent de témoigner de la réalité de la vie. Nous-mêmes, parlementaires, les employons pour faire valoir nos travaux et partager nos combats. Pour un citoyen qui dispose d’un esprit critique, d’une capacité de recul, ces plateformes peuvent être une ressource précieuse où trouver de l’information et forger son analyse.Pour un enfant en construction, au contraire, les réseaux sociaux sont une source d’isolement, d’éloignement du réel et d’altération des relations sociales. Ils ralentissent le développement intellectuel et fragilisent la santé mentale. Ils favorisent les pratiques addictives et prolongent le harcèlement en dehors du temps scolaire. Ce ne sont pas là des affirmations gratuites, mais ce que le consensus scientifique décrit chaque jour plus précisément. Les chiffres qui attestent des dégâts provoqués sur la jeunesse par l’usage des réseaux sociaux commandent une réponse forte, à la hauteur de l’impact délétère de ces derniers sur les adolescents.Nous sommes tous d’accord sur le fait que le vote d’aujourd’hui est surtout un symbole fort. Par la voix des élus que nous sommes, la loi autorise ou interdit et, dans ce dernier cas, elle doit être appliquée. Les parents et l’ensemble des éducateurs deviennent alors légitimes pour faire appliquer cet interdit, pour le bien des enfants. Bien sûr, se borner à proclamer l’interdiction est insuffisant et il est entendu qu’elle doit être adossée à un système de régulation qui ne sacrifie pas la protection des libertés individuelles sur l’autel de l’efficacité – ou l’inverse.Voilà pourquoi, alors que beaucoup de voix s’élèvent pour dénoncer d’avance l’inefficacité de la future loi, il nous incombe de veiller à ce qu’elle ne demeure pas une déclaration d’intention et à ce que des mesures techniques soient instaurées au niveau européen.

C’est là notre différence avec certains collègues : nous ne baissons pas les bras, nous ne nous résignons pas au motif que tout serait trop compliqué à mettre en œuvre. Au contraire, nous nous battons pour que la promesse faite aux parents – la protection de leurs enfants – se concrétise. Certes, toute mesure technique est contournable, d’une manière ou d’une autre. Toutefois, si le défaitisme nous étreignait sur tous les sujets, nous ne ferions plus grand-chose. Il est de notre devoir d’essayer, résolument mais sans naïveté, car chaque enfant empêché de se rendre sur les réseaux est un enfant protégé des dangers qu’ils contiennent.Si un contrôle d’identité devait être mis en place, les données recueillies devront être strictement protégées, dans un cadre souverain, et les citoyens devront pouvoir continuer à s’exprimer librement, sans risque aucun de censure, de fichage, de flicage, de bâillon, de création d’un délit d’opinion. Seule doit être renforcée la défense des intérêts fondamentaux de notre jeunesse vulnérable.Je souhaite aussi dire un mot de l’interdiction du téléphone portable dans les collèges et les lycées. Il est désormais établi que les écrans affaiblissent la capacité de concentration et d’apprentissage. Interdire les smartphones dans les collèges et les lycées n’est pas une mesure déconnectée de la réalité. Elle n’est pas prise contre les élèves, mais pour eux. Il s’agit de les protéger, de leur offrir un peu de répit et de leur permettre de se dédier pleinement à leurs études. Pour protéger la jeunesse contre le principal fléau de notre époque, le groupe Droite républicaine votera en faveur de la proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR ainsi que sur ceux des commissions.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).