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Discours du 4 février 2026

Lionel Tivoli · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°141

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Depuis plus d’un siècle, la nation française a investi, parfois au prix d’efforts considérables, dans des barrages hydroélectriques. Ils ne sont pas de simples ouvrages techniques, mais aussi des piliers de notre souveraineté, des marqueurs de l’aménagement du territoire et des outils de stabilité économique pour nos vallées et nos zones rurales. Grâce à eux, des territoires entiers ont connu l’autosuffisance en énergie électrique, la maîtrise de l’eau, la sécurité face aux aléas climatiques et un développement économique durable. Pendant des décennies, le mix énergétique français, fondé sur le nucléaire et sur des énergies pilotables comme l’hydroélectricité, a fait notre force. Un modèle rationnel, souverain et réellement écologique ; une énergie produite chez nous, maîtrisée par nous, au service des Français ; une production française et une technologie française, produite à bas coût : que rêver de mieux ?Pourtant, alors que ce modèle fonctionnait, alors qu’il garantissait des prix stables, une sécurité d’approvisionnement et une indépendance stratégique, il a été méthodiquement fragilisé par des élus politiques soumis aux injonctions bruxelloises et aux lobbys, obéissant par leur vote à des directives et réglementations européennes toujours plus idéologiques, toujours plus dogmatiques, toujours plus déconnectées des réalités et toujours plus antifrançaises. Au nom de la sacro-sainte concurrence, nos barrages manquent cruellement d’investissement. Depuis des décennies, nous ne pouvons plus développer notre production d’hydroélectricité, alors que nous en aurions besoin. Nos barrages comme nos centrales sont devenus les victimes collatérales de l’obsession bruxelloise de faire de l’énergie une marchandise comme les autres.Il aura fallu attendre une commission transpartisane pour que l’on propose enfin une sortie du régime des concessions. Il y a un an, notre collègue Nicolas Meizonnet avait pourtant proposé exactement le même dispositif dans une proposition de loi ; vous aviez voté contre. Que de temps perdu !

Oui, le groupe Rassemblement national fut le premier à proposer la généralisation du régime d’autorisation pour nos barrages hydroélectriques. Oui, le groupe Rassemblement national est le seul à se soucier de l’indépendance énergétique, garante de la souveraineté de notre nation, non par opportunisme mais par cohérence politique. Une cohérence que d’autres élus prônent lorsqu’ils sont à Paris ou en circonscription, mais oublient dès qu’ils arrivent à Bruxelles. Je parle bien sûr des amis d’Ursula von der Leyen, du groupe du Parti populaire européen (PPE) et de ses alliés. On pourrait même parler d’hypocrisie car la quasi-totalité des partis qui ont fait élire Ursula von der Leyen et sa commission viennent nous expliquer tout au long des discussions en commission des affaires économiques qu’ils se seraient bien passés de cette mise en concurrence.Chers collègues, comme disait Bossuet, « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ». Comment arrivez-vous à regarder les Français dans les yeux ? Comment osez-vous prétendre comprendre leurs difficultés à boucler les fins de mois, alors même que vous êtes directement responsables de l’augmentation du prix de l’énergie, du fait de vos choix politiques délirants ?Nous soutenons le régime d’autorisation, parce que nous voulons éviter que ce fleuron soit accaparé par des entreprises étrangères. Nous soutenons ce changement de réglementation, parce que c’est une filière stratégique, maîtrisée par des entreprises françaises qui emploient des salariés dans chacune de nos vallées. Nous souhaitons sauvegarder nos exploitations afin que ces dernières ne tombent pas dans les mains de tiers peu scrupuleux, qui n’hésiteront pas à copier puis à exporter notre savoir-faire.Le développement de cette énergie est vital pour notre mix énergétique, car elle est décarbonée et réellement écologique – loin, très loin des illusions des énergies intermittentes que l’on nous vend depuis des années comme une panacée, alors qu’elles fragilisent notre réseau, renchérissent la facture des ménages et financent des entreprises étrangères, pas du tout bienveillantes à l’égard des entreprises françaises.En outre, l’hydroélectricité, ce n’est pas seulement de l’électricité. Dans nos territoires, c’est aussi l’eau potable, l’irrigation agricole et le tourisme ; c’est la protection contre les sécheresses et les inondations.Mais là où nos chemins divergent, c’est sur un point absolument fondamental : cette proposition de loi, malgré ses avancées, accepte une nouvelle fois de se soumettre aux injonctions de l’Union européenne en imposant la mise à disposition de 40 % de la capacité hydroélectrique française. Ce quota n’est ni technique, ni écologique, ni social : il est idéologique, dicté par la logique du marché européen de l’énergie. Or l’énergie n’est pas une marchandise, elle est un bien stratégique, un outil de souveraineté, une condition de l’indépendance nationale.En acceptant ce quota, vous acceptez d’entrer dans une logique concurrentielle qui a déjà prouvé son échec – une logique qui a fait exploser les prix de l’électricité, qui a affaibli EDF et enrichi des opérateurs privés au détriment des consommateurs français. Nous avons déjà vécu cela avec l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), que vous avez tous critiqué, à juste titre. Mais aujourd’hui, vous comptez reproduire exactement le même schéma.

Le groupe Rassemblement national refuse cette fuite en avant. La souveraineté énergétique de la France ne se négocie pas à Bruxelles. Elle se défend ici, devant la représentation nationale et au nom des Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).