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Discours du 17 juin 2026

Lionel Tivoli · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°274

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Nous examinons le texte issu de la commission mixte paritaire sur une proposition de loi relative à l’avenir de l’hydroélectricité française. Sur un sujet aussi stratégique, chacun devrait pourtant poursuivre un objectif simple : renforcer la souveraineté énergétique de notre pays et préserver un patrimoine industriel et technique construit par plusieurs générations de Français.Depuis près d’un siècle, nos barrages hydroélectriques constituent l’un des piliers de notre indépendance énergétique. Ils ont été financés par les Français, construits grâce au savoir-faire français,…

…et ils contribuent chaque jour à l’alimentation électrique de nos territoires.L’hydroélectricité représente aujourd’hui la première source d’énergie renouvelable de notre pays. Contrairement aux énergies intermittentes, elle est pilotable. Elle permet de répondre instantanément aux besoins du réseau, d’assurer sa stabilité et de sécuriser notre approvisionnement lors des pics de consommation. Dans de nombreux territoires ruraux et de montagne, nos barrages constituent un outil d’aménagement indispensable. C’est précisément pour cette raison que le Rassemblement national défend depuis longtemps une sortie claire et définitive du régime des concessions, qui a placé nos ouvrages hydroélectriques sous la menace permanente des exigences européennes de mise en concurrence. Nous l’avons dit avant beaucoup d’autres ; nous l’avons même proposé dans cet hémicycle alors qu’une grande partie de ceux qui se félicitent aujourd’hui de ce texte s’y opposaient encore.Avant de voter cette proposition de loi, rappelons-nous bien ces évidences : nos barrages ont été conçus par les Français eux-mêmes et avec leur argent. Leur gestion a toujours été déléguée à des entreprises françaises au service d’un intérêt national. Dès lors, la Commission européenne n’a aucun droit de se prononcer sur l’avenir de nos centrales. La France et les Français ne doivent rien à l’Union européenne (UE). Le texte issu de cette commission mixte paritaire conserve ainsi une disposition que nous considérons comme profondément contraire à l’intérêt national ; l’article 12 constitue pour le Rassemblement national une véritable ligne rouge.Derrière des mécanismes techniques et des formulations complexes, cet article organise la mise à disposition d’une part significative des capacités hydroélectriques françaises dans une logique directement inspirée des exigences du marché européen de l’énergie. (Mme Agnès Pannier-Runacher s’exclame.) Autrement dit, alors même que nous affirmons vouloir reconquérir notre souveraineté énergétique, nous acceptons dans le même temps de maintenir des mécanismes qui limitent notre liberté d’action sur nos propres capacités de production.Cette contradiction est incompréhensible. Nous avons déjà vécu les conséquences de cette logique avec l’Arenh. Pendant des années, les Français ont financé leur parc de production électrique. Pourtant, sous prétexte de concurrence, une partie de cette production a été cédée à des conditions qui ont affaibli notre opérateur historique et contribué à désorganiser notre système énergétique. Aujourd’hui, vous nous expliquez qu’il faudrait poursuivre dans cette direction. Nous considérons au contraire qu’il faut tirer les leçons des erreurs du passé.La crise énergétique que nous avons connue ces dernières années a démontré les limites du marché européen de l’électricité. Elle a montré que, lorsque les intérêts nationaux sont en jeu, chaque État cherche naturellement à protéger ses capacités de production et ses consommateurs. La France devrait faire de même.Nos barrages ne sont pas des actifs financiers, ni des outils au service d’une concurrence théorique. Ils constituent des infrastructures stratégiques, dont la finalité doit rester la satisfaction des besoins des Français. Notre énergie hydraulique doit être gérée selon les intérêts de la nation, et non selon les exigences d’un marché conçu à Bruxelles.Pour toutes ces raisons, malgré les avancées contenues dans ce texte, le maintien de l’article 12 nous empêche d’apporter notre soutien au compromis trouvé en commission mixte paritaire. Parce que la souveraineté énergétique n’est pas négociable, parce que nos capacités hydroélectriques doivent rester pleinement sous maîtrise nationale, parce que l’article 12 franchit une ligne rouge que nous refusons de cautionner, le groupe Rassemblement national s’abstiendra sur ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Pierre-Henri Carbonnel applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).