Discours du 10 février 2026
Lionel Vuibert · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°144
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Le système d’orientation postbac est un des premiers contacts des jeunes avec la République. Chaque année, près de 900 000 lycéens passent par Parcoursup. Ce qui devrait être un moment d’accompagnement, de projection, d’égalité des chances est souvent vécu comme une épreuve anxiogène, opaque et parfois profondément injuste. On demande à des jeunes de 17 ou 18 ans de formuler en moyenne une douzaine de vœux et de comprendre des attendus parfois très techniques, des classements, des listes d’attente, des taux d’accès différents selon les formations. Pour beaucoup, c’est trop complexe.Selon plusieurs enquêtes, près de sept lycéens sur dix déclarent vivre Parcoursup comme une période très anxiogène. Un lycéen sur deux dit ne pas comprendre clairement pourquoi il est accepté ici, refusé ailleurs ou placé sur liste d’attente. Cette incertitude dure parfois plusieurs semaines, voire tout l’été. Pour les parents, ce n’est pas plus simple. La majorité reconnaît ne pas maîtriser le fonctionnement du système – c’est du vécu. Les notions de rang, de taux d’accès ou de délai de réponse sont difficiles à expliquer. Ainsi, beaucoup de familles avancent à l’aveugle, avec le sentiment que les règles ne sont pas les mêmes pour tous. Cette complexité accentue les inégalités : les élèves accompagnés par leur famille ou par des services privés s’en sortent mieux. À l’inverse, ceux qui sont seuls face à la plateforme, notamment dans les territoires ruraux ou les milieux modestes, subissent davantage le stress et l’incertitude.Enfin, ce qui est à mes yeux plus problématique encore, Parcoursup continue de véhiculer une forme de hiérarchie implicite entre les filières. Certaines formations sont perçues comme des échecs, alors qu’elles offrent de vrais débouchés. Ainsi, les formations qui mènent vers l’industrie ne sont pas toujours mises en valeur par Parcoursup.Vous avez déjà répondu à plusieurs reprises à la question que je m’apprête à vous poser. Comment rendre l’orientation dans l’enseignement supérieur plus compréhensible, moins anxiogène, plus juste ? Nous avons besoin d’avancer pour que chacun s’y retrouve.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).