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Discours du 7 juillet 2026

Lionel Vuibert · Première session extraordinaire 2026 · séance n°6

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Le projet de loi Ripost répond à une attente simple que nous entendons partout : pouvoir vivre tranquillement. Ce n’est pas une demande excessive, c’est l’une des premières promesses de la République : pouvoir rentrer chez soi sans crainte, dormir la nuit, ouvrir son commerce, travailler sa terre, emmener ses enfants au sport, organiser une fête de village ou simplement profiter de son quartier sans subir les nuisances d’une minorité. La sécurité du quotidien n’est pas seulement une affaire de chiffres. C’est le sentiment très concret que la règle existe encore, que l’autorité publique peut intervenir, que les habitants ne sont pas laissés seuls face aux incivilités, aux occupations illicites, aux rodéos, aux tirs de mortier, aux trafics de proximité ou aux rassemblements qui dégénèrent.Je pense à ces soirées où le calme attendu laisse place au bruit des moteurs. À Charleville-Mézières, dans ma circonscription, des rodéos ont marqué le quartier de la Ronde Couture : deux-roues lancés à vive allure, passages sur les trottoirs, slaloms entre les passants, refus d’obtempérer. Pour les habitants, c’est parfois une soirée entière à attendre que cela cesse, en craignant qu’un enfant traverse au mauvais moment. Cette réalité existe aussi dans nos villages. À Nanteuil-sur-Aisne, toujours dans ma circonscription, au printemps 2026, un rodéo en pleine campagne a tourné au drame. Un homme est mort et une adolescente a été grièvement blessée. Derrière ces faits, il y a des familles, des riverains et des agriculteurs, qui voient parfois leurs chemins utilisés comme des pistes, leurs terres abîmées, leur tranquillité confisquée.Je pense aussi à ces tirs de mortier qui éclatent au milieu des immeubles, près d’un équipement public ou au passage des policiers et des pompiers. À La Houillère, à Charleville-Mézières, des tirs de mortier, des véhicules incendiés, des poubelles brûlées et une caméra de sécurité détruite ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre et des secours. Derrière ces violences, il y a l’emprise des trafics qui abîme les quartiers, intimide les habitants et défie l’autorité publique.Il ne s’agit pas d’opposer les libertés à l’autorité, mais de rappeler que la liberté commence là où s’arrête celle des autres. La liberté de faire la fête ne peut pas effacer le droit des riverains au repos. La liberté de circuler ne peut pas devenir le droit de mettre en danger les autres. La liberté de se rassembler ne peut pas justifier l’occupation d’un terrain sans accord, les dégradations ou l’absence de toute responsabilité. L’autorité doit retrouver une capacité d’action : il faut agir plus rapidement et plus clairement, et donner aux préfets, aux maires, aux policiers, aux gendarmes et à la justice des outils qui évitent les situations qui s’enlisent. C’est souvent cela qui manque sur le terrain : non pas la volonté des acteurs locaux, mais la possibilité d’intervenir au bon moment, avant que la nuisance ne devienne un trouble durable, avant que l’incivilité ne devienne une habitude, avant que l’impunité ne s’installe.Je regrette donc que la commission ait supprimé les deux premiers articles du texte. L’article 1er apportait une réponse utile au détournement de l’usage des produits pyrotechniques et explosifs, notamment lorsque leur vente ou leur stockage irrégulier peut favoriser des troubles graves à l’ordre public. L’article 2 permettait de mieux traiter les rassemblements festifs illégaux, en responsabilisant davantage les organisateurs et en donnant aux autorités des leviers plus efficaces. J’ai déposé deux amendements pour les rétablir, parce que ces dispositions répondent à des situations que nos territoires connaissent réellement.Enfin, ce projet de loi doit rester équilibré. L’autorité ne doit jamais devenir l’arbitraire, les libertés publiques doivent être garanties et les sanctions proportionnées, mais l’équilibre ne peut pas toujours consister à demander aux mêmes de supporter les nuisances, le bruit, les dégradations et les incivilités. Dans les Ardennes comme ailleurs, nos concitoyens demandent surtout une chose : que la vie normale puisse continuer, que les familles puissent dormir, que les agriculteurs retrouvent leur terrain en état, que les communes ne soient pas seules, que les forces de l’ordre puissent intervenir efficacement, que la règle commune soit respectée.C’est pour cette raison que je soutiendrai le projet de loi Ripost ainsi que toutes les mesures nécessaires pour restaurer l’autorité de l’État, protéger nos concitoyens et garantir que la loi soit respectée partout et par tous. (Applaudissements sur les bancs des commissions. – M. Alim Latrèche applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).