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Discours du 1 juillet 2026

Lise Magnier · Première session extraordinaire 2026 · séance n°1

Alors que nous arrivons au terme du parcours législatif du projet de loi actualisant la programmation militaire, soyons clairs et précis : le temps du confort stratégique, des dividendes de la paix et de la mondialisation est révolu.Regardons la réalité en face. La guerre s’est installée durablement sur notre continent depuis 2022. La revue nationale stratégique fixe une échéance que nous ne pouvons plus ignorer : d’ici à 2030, l’hypothèse d’un affrontement de haute intensité nous impliquant directement est devenue une menace concrète.Parallèlement, l’axe du monde se déplace. Washington regarde vers Pékin, protège ses technologies critiques d’intelligence artificielle et amorce son désengagement de l’Europe. Face au vide qui se creuse, l’Europe n’a plus le choix : elle doit assumer sa position. Qui, sinon la France, dotée de l’arme nucléaire et d’un siège au Conseil de sécurité des Nations unies, pour sonner le tocsin du sursaut ? Reculer ou attendre aurait été une faute morale. Ce projet de loi est une nécessité.Nous actons une nouvelle trajectoire financière pour les forces armées : 36 milliards d’euros de ressources nouvelles sur la période 2026-2030. L’objectif est clair : hisser notre effort de défense à 2,5 % du PIB en 2030.Cet investissement massif ne souffrira aucun éparpillement. Il va là où le feu fait rage aujourd’hui, là où se dessinent les victoires de demain : le réarmement des stocks de munitions, le déploiement massif de drones, la maîtrise du ciel, la défense sol-air, la capacité à frapper dans la profondeur, la souveraineté spatiale et la modernisation de la dissuasion nucléaire – notre assurance vie ultime.Mais financer ne suffit pas ; il faut adapter nos règles du jeu aux guerres hybrides. Ce texte crée l’état d’alerte de sécurité nationale, un outil juridique inédit qui donne à l’État des leviers d’action immédiats et calibrés, sans basculer dans un régime d’exception. Il nous prépare également en sécurisant nos flux d’approvisionnement et en donnant le feu vert aux opérateurs d’importance vitale pour abattre les drones malveillants au-dessus de leurs sites.Mais l’effort serait vain sans l’adhésion de la nation. C’est pourquoi nous jetons les bases d’une résilience collective en transformant le lien armée-nation : un service national militaire basé sur le volontariat, une journée de mobilisation centrée sur l’engagement et des réserves démultipliées.Le groupe Horizons & indépendants a voulu inscrire ce texte dans le temps long. En commission comme dans l’hémicycle, nous avons apporté notre marque : nous projetons la France vers l’avenir en fixant une cible ambitieuse à 3,5 % du PIB d’ici à 2035. Nous protégeons nos concitoyens en intégrant à la journée de mobilisation un module obligatoire sur les cybermenaces, les ingérences étrangères et la désinformation. Nous faisons des conditions d’emploi et de la fidélisation des soldats la priorité absolue de notre modèle. Nous réparons une injustice, de concert avec le président de la commission de la défense, en octroyant la carte du combattant aux sous-mariniers.L’accord trouvé en commission mixte paritaire sanctuarise ces avancées, accélère notre effort dès 2028 et garantit la parfaite sincérité de notre trajectoire. Dès juillet 2027, le parlement sera étroitement associé à l’écriture du nouveau Livre blanc pour redéfinir le format de nos armées.Au-delà des chiffres et des concepts, il y a des visages, ceux des militaires, des hommes et des femmes qui nous protègent et à qui je veux redire l’immense gratitude du groupe Horizons & indépendants. Le rendez-vous budgétaire de l’automne sera le test de notre cohérence. Nous n’aurons pas le droit de décevoir nos concitoyens et nos forces armées.Dans un monde de rapports de forces, la diplomatie n’existe pas sans puissance, et la puissance n’existe pas sans crédibilité. Ce texte garantit notre crédibilité. C’est pourquoi le groupe Horizons & indépendants le votera. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, EPR et Dem ainsi que sur le banc des commissions.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).