Discours du 9 juin 2026
Louis Boyard · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°265
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Vous mentez !
Par Israël et les États-Unis !
Des cotisations !
De cotisations !
De cotisations !
Les cotisations !
Elle n’a pas été acceptée !
Ce n’est pas ce que nous disons !
Enfin, la vérité va éclater !
Elle va faire mal !
Je veux répondre à la question que nous posent les Français à chaque fois que nous les croisons : pourquoi y a-t-il de plus en plus d’impôts, alors que, lorsqu’ils regardent autour d’eux, rien ne fonctionne ? Que pouvez-vous donc faire de l’argent des Français ?Je leur réponds que cela ne tombe pas du ciel, que vous avez adopté un mécanisme intelligent qui leur fait payer plus de taxes sans avoir à voter aucune loi, pour reverser le produit de la taxe, à la fin de la chaîne, dans la poche d’une grande fortune française.Le mécanisme est simple. Vous connaissez Le loup de Wall Street : vendez-moi ce stylo à 1 euro. Toutefois, vous ne le vendez pas, vous le taxez. Vous avez instauré une TVA à 20 % ; il est donc vendu 1,20 euro, dont vous récupérez 20 centimes. Mais dans la France de Macron, l’inflation est forte : le stylo est maintenant vendu 2 euros, si bien que vous ne récupérez plus 20 mais 40 centimes.C’est là que se trouve la douille, parce que le revenu des gens n’a pas augmenté autant que l’inflation. Non seulement ils paient plus cher ce qu’ils achètent, mais ils paient plus de taxes par rapport à leurs revenus.Nous avons fait les calculs : pour un travailleur au smic, la TVA a augmenté de plus de 60 %. La contribution sociale généralisée (CSG), sorte de TVA sur les salaires, a également augmenté de 20 %. Vous avez donc imposé au peuple, aux travailleuses et aux travailleurs, une augmentation de 60 % de la TVA et de 20 % de la CSG. C’est énormément d’argent pris sur le dos du peuple. Qu’avez-vous bien pu en faire ? Vous avez cramé la caisse. C’est étrange : la TVA apportait 11 milliards d’euros dans les caisses de la sécurité sociale en 2017 ; c’est désormais 57 milliards. Dans le même temps, combien représentaient vos cadeaux aux patrons en allègements de cotisations ? Au total, 42 milliards d’euros.
Cela signifie que les trois quarts des augmentations de taxes que vous avez imposées aux travailleurs, n’ont pas permis de financer l’hôpital ni d’aider les retraités : ils sont partis dans les poches de grandes entreprises, dont les armées d’avocats fiscalistes maîtrisent parfaitement toutes vos magouilles pour conserver le moindre centime qui risquerait être investi au service de l’intérêt général.J’en termine avec un dernier chiffre : 0,1 % des grandes entreprises – dans lesquelles vous irez vous recaser une fois que nous vous aurons tous battus aux élections présidentielle et législatives – captent à elles seules un tiers des allégements généraux. Je répète : 0,1 % des grandes entreprises captent un tiers de tous vos cadeaux fiscaux !
Voilà comment vous avez cramé la caisse ! Nous pourrions nous dire que vous avez touché le fond, mais le macronisme, soutenu par le Rassemblement national, ne connaît pas le fond.
C’est un immense trou noir, une sorte de néant de l’intelligence politique.Comme votre TVA ne permet pas de compenser l’inflation des dépenses de la sécurité sociale et que vous en avez vidé les caisses en baissant les cotisations, vous avez créé de la dette. Mais même avec la dette, vous avez réussi à gaver le grand patronat ! Il y a trente ans, les aïeux du macronisme ont créé une caisse spéciale pour tenir cette dette : la Cades. À l’origine, il s’agissait d’éteindre 40 milliards de dettes avant 2009. Nous sommes en 2026 et elle gère un encours de 120 milliards de dettes, dont 90 % sont possédés par des fonds de pension ou des banques étrangères. Depuis qu’elle existe, la sécurité sociale française a payé 80 milliards d’euros d’intérêts à la finance internationale ; vous nous avez fait payer deux fois plus que ce que nous devions rembourser. Bravo, les Mozart de la finance !
Le problème, ce n’est pas que les gens ne veulent pas bosser, comme vous le dites, puisque les chômeurs sont six fois plus nombreux que les emplois disponibles dans notre pays.
Le problème, ce n’est pas que l’on dépense trop.
Je rappelle que l’hôpital est au bord de l’effondrement et que les retraités ne parviennent pas à vivre avec leurs pensions.
Le problème, ce n’est pas l’explosion des APL – aides personnalisées au logement. Elles n’arrivent pas à suivre celle des prix du logement.Le problème, ce sont ceux qui se gavent. Voilà le problème de la France ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Votre fanatisme vous aveugle, votre croyance dans le néolibéralisme vous empêche de constater les faits. Depuis trente ans, vous gavez le grand patronat qui vous promet en échange de créer de l’emploi. Résultat : nous subissons un chômage de masse qui touche 20 % des jeunes, à supposer que leurs contrats, souvent sous le salaire minimum, leur permettent de vivre. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Michelin, Auchan, Valeo, Renault, Sanofi, Airbus, Nexity, combien de licenciements ?
Depuis trente ans, vous vendez à la découpe nos secteurs industriels à la finance internationale et aux fonds prédateurs. MA France, Vencorex, Whirlpool, General Electric, Arjowiggins, tous ces licenciements, toutes ces familles brisées : voilà la réalité crue de ce que vous avez fait à notre pays ! (Mêmes mouvements) Quarante-cinq maternités ont été détruites, 1 700 bureaux de poste, 5 000 kilomètres de voies ferrées, 10 000 écoles rurales et l’équivalent de dix universités et de douze hôpitaux.
On se croirait sorti d’une guerre.
Tout ce qui nous rendait fiers autrefois, vous l’avez détruit, vous l’avez vendu. Parce que selon vous, tout doit être privé, le peuple est privé de tout.Les salaires sont trop bas, les gens n’ont même pas de quoi payer leurs factures et leur loyer. Emmener les petits au cinéma, aller au restaurant…
…ou s’acheter un petit quelque chose pour se faire plaisir, c’est terminé !Le pays est en déconsommation ; les gens consomment moins ; le pays produit moins ; la croissance est en berne. Nous sommes au bord de la récession.
Lorsque vous laissez une minorité accaparer la moitié des richesses, qu’elle la garde pour elle ou qu’elle l’investisse dans la sphère financière internationale, il ne reste plus rien pour le pays, plus rien pour le peuple. Vous avez trahi le pays, vous avez trahi le peuple ! Voilà ce que vous avez fait ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Ce peuple, parlons-en. Lorsqu’il manifeste, vous le tabassez.
Lorsqu’il fait des pétitions, vous l’ignorez. Lorsqu’il vote, vous ne reconnaissez même pas le résultat des élections. Résultat : le pays fait du sur-place. L’alliance du macronisme et du Rassemblement national est crépusculaire ! Inutile de vous demander de lutter contre l’extrême droite : ce serait comme vous demander de vous suicider politiquement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Depuis que le Rassemblement national est à l’Assemblée, il vote l’ultra-majorité des textes proposés par les macronistes.
Vous êtes tellement mauvais que le grand patronat vous trompe. Cette bande d’irresponsables se presse d’aller prendre des repas avec Jordan Bardella dans les restos huppés de Paris. Plus la note est élevée, plus le RN change de position facilement – note payée avec l’argent public que le Rassemblement national détourne, cela va de soi.Au Rassemblement national, vous avez carrément abandonné l’abrogation de la réforme des retraites,…
…et vous ne deviez pas tourner qu’au Pépito ce jour-là, car vous proposez même de faire travailler les gens jusqu’à 67 ans. Vous êtes contre l’augmentation sans conditions du smic : ce sera seulement si le patron la veut bien et qu’elle est défiscalisée. C’est donc de l’argent en moins pour la sécurité sociale. Je vous apprends plein de choses, en voici une autre : ça existe déjà, c’est la prime Macron !
C’est un mauvais remake ! Les neuf milliardaires qui possèdent 90 % des médias prennent un type sorti de nulle part, ils lui font fait faire la une et du people, ils répètent qu’il est jeune, qu’il est beau et que c’est un cadre dynamique.
À la fin, il mène la politique des milliardaires au service des milliardaires.
Finalement, la politique économique de Jordan Bardella, c’est la même que celle de Macron, mais en plus raciste. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Contrairement à l’image que vous vous en faites, le peuple de France n’est pas un peuple d’idiots.
Il suit, il regarde, il comprend, et c’est à son intelligence que nous voulons parler. C’est l’exact inverse de la politique macron-lepéniste qu’il faut mener.Première étape : augmenter les salaires et passer le smic à 1 700 euros pour permettre aux familles de vivre et de respirer. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Pour les petites entreprises qui ne peuvent pas payer, nous mettrons en place une caisse de péréquation des salaires qui sera financée par les grandes entreprises. Ça s’appelle la justice ! (Mêmes mouvements.)
Deuxième étape : grâce à l’augmentation les salaires les gens reconsommeront, ce qui relancera la production. Les milliards d’euros de cadeaux fiscaux et d’aides publiques seront réorientés vers la planification écologique. Au rythme auquel nous allons, le réchauffement climatique dépassera les 3 oC : au cœur des villes, il fera plus de 50 oC en été ;…
…les côtes françaises seront submergées par la hausse du niveau de la mer ; le secteur agricole sera bouleversé par les variations climatiques.Tel est l’enjeu économique existentiel dont nous devons tenir compte. (Mme Marie Mesmeur applaudit.) En conséquence, les aides publiques de l’État seront intégralement orientées vers la planification écologique pour reprendre notre souveraineté agricole, énergétique et industrielle. Nous ne ferons pas ce que vous avez fait aux générations futures. L’objectif premier du peuple français sera l’harmonie économique avec les écosystèmes et la nature.Troisième étape : le partage du temps de travail. Nous ne reconnaissons pas la légitimité du 49.3 de la réforme des retraites d’Élisabeth Borne, et contrairement au Rassemblement national, nous l’abrogerons ! Nous ferons la retraite à 60 ans ! La place de nos grands-parents n’est pas sur une chaîne de production, mais à la maison pour profiter légitimement de leur retraite.
La création d’emplois, du fait du partage du temps de travail, de la relance de la consommation et de la planification écologique, fera entrer des cotisations dans les caisses et permettra par exemple de financer l’hôpital sur le dos duquel vous avez fait 5 milliards d’économies cette année.Vous observerez, mesdames et messieurs les députés, qu’il est possible de parler de politique sans avoir à revenir à votre obsession permanente de l’islam et de l’immigration. L’avenir écologique, l’emploi, les salaires ou le service public, voilà les questions auxquelles le peuple de France nous demande de répondre.Nous lui proposons le remboursement intégral des soins prescrits – dentaires, optiques, auditifs – par le 100 % sécu ; l’embauche de fonctionnaires dans les domaines de la santé, l’éducation, la justice ; le rétablissement et le renforcement de l’impôt de solidarité sur la fortune : un plan massif d’investissement dans l’hôpital, les Ehpad, la petite enfance ; une taxe sur les superprofits et les dividendes ; la lutte contre la fraude fiscale, dont le montant estimé se situe entre 80 et 120 milliards d’euros par an, et la lutte contre l’évasion vers les paradis fiscaux.
Si vous voulez des gens sérieux, que rien ne fera jamais céder et qui proposent autre chose que des coupes dans les services publics et la baisse des salaires, il n’y a qu’un seul bulletin de vote possible, c’est celui pour Jean-Luc Mélenchon ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Monsieur le rapporteur, vous dites que l’Ondam a été tenu. On a demandé à l’hôpital public de faire 4 milliards d’euros d’économie ; il en a fait 5 ! Comment pensez-vous qu’il soit encore possible de faire des économies dans l’hôpital public ?Aucun des libéraux qui se sont succédé à la tribune n’a mentionné les besoins essentiels des Français. Personne n’a parlé de désert médical ! Personne n’a parlé de la précarité des familles ! Personne n’a parlé de la difficulté à trouver une place en crèche ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Vous nous dites qu’il est inutile de rejeter ce projet de loi d’approbation des comptes de la sécurité sociale de l’année 2025, parce que ça ne changerait rien. Dans ce cas, l’adopter ne changera absolument rien non plus !On sait qu’il ne propose qu’une photographie. Ce n’est pas elle qui nous pose problème, mais le photographe, parce qu’il doit de l’argent au peuple français et qu’il n’a aucune légitimité politique à demander l’approbation d’un budget qu’il n’a même pas été capable de respecter, alors qu’il l’a fait passer par 49.3 !Nous vous donnons une leçon de politique et de respect du suffrage universel ! Le peuple français en a marre de la politique que vous menez ! Il est dégoûté de ce que vous faites des services publics et il est catastrophé de ce que vous faites de la sécurité sociale. Nous le rassurons : dans un an, avec l’élection présidentielle, viendront les jours heureux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
De quoi vous parlez ? Vous êtes à LR !
Vous êtes franchement nul !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).