Discours du 25 novembre 2024
Malika Sorel · Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, il y a le volet international, avec l’apartheid sexuel imposé aux Iraniennes ou aux Afghanes – et je tiens à saluer l’engagement de la Ligue du droit international des femmes, créée par Simone de Beauvoir –, mais il y a aussi ce qui se produit en Europe. En France, selon la Fondation des femmes, une femme est victime de viol ou de tentative de viol toutes les sept minutes. En dépit de dérapages, le mouvement #metoo constitue sans conteste un tournant pour nos sociétés. Pourtant, presque partout en Europe, nous déplorons un accroissement des violences faites aux femmes.
Pour mieux servir la cause des femmes, il nous faut avoir le courage de briser quelques tabous – j’en souligne deux. Premièrement, les mères ont un rôle décisif à jouer. C’est nous qui éduquons nos fils. Pour comprendre ce qui se joue, il suffit de lire l’ethnologue Camille Lacoste-Dujardin ou encore la psychiatre égyptienne Nawal El-Saadawi, qui s’est battue contre les mutilations génitales pratiquées par des femmes sur les filles. Désormais, ces drames se retrouvent ici, en Europe. Deuxièmement, la représentation, la surreprésentation de l’immigration. En France, j’ai travaillé pour les plus hautes autorités de l’État, et nous avions tous les chiffres. Ayons, ici, une pensée pour les victimes de la Saint-Sylvestre de 2016 à Cologne et pour la jeune Sohan, morte à l’âge de 17 ans brûlée vive dans un quartier de l’immigration.
Chers collègues, nous devons aider beaucoup plus les associations d’aide aux femmes victimes. Mais, je vous le dis, si nous persistons à agir sur les conséquences sans vraiment nous soucier des causes profondes, alors la violence continuera d’augmenter.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.