Discours du 21 mai 2025
Manon Aubry · La réponse de l'UE pour faire face au projet du gouvernement israélien de prendre le contrôle de la bande de Gaza ainsi que pour garantir l'acheminement effectif de l'aide humanitaire et la libération des otages (débat)
Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire européen: enfin! Enfin, vous admettez la nécessité de revoir l'accord d'association avec Israël.
Je dois le dire ici, c'est d'abord une victoire des mobilisations partout en Europe qui ont maintenu la pression sur l'Union européenne. Mais combien de temps a-t-il fallu attendre? Un an et demi de bombardements, nuit et jour, la famine utilisée comme arme de guerre, plus de 53 000 morts dont 16 000 enfants.
M. Netanyahou a commencé l'ultime phase du génocide à Gaza. Je le répète ici parce que, manifestement, à cette tribune, certains ont du mal à qualifier ce qui se passe à Gaza: oui, c'est un génocide et il faut le dénoncer comme tel! Comment appelez-vous sinon les 14 000 bébés palestiniens qui pourraient mourir dans les 48 heures à venir si Israël continue de bloquer l'aide humanitaire.
Des millions de Palestiniens font leurs adieux au monde entier, et vous, les dirigeants européens, vous à la Commission européenne, vous en êtes encore à tergiverser sur l'utilisation du mot «génocide». Vous vous contentez de lancer une enquête pour savoir si, peut-être, Israël viole les droits humains – comme s'il y avait encore des doutes. Vous laissez Benjamin Netanyahou parader sur le territoire européen sans l'arrêter. Vous regardez sans broncher les gouvernements européens lui envoyer des armes.
Avec tout le respect que j'ai pour vous, Monsieur le Commissaire, la Commission envoie, pour la représenter, le commissaire à l'équité intergénérationnelle, à la jeunesse, à la culture et au sport pour ce débat crucial sur Gaza. Pardon, mais de qui vous moquez-vous? Ursula von der Layen n'était pas disponible? À moins qu'elle ne soit trop occupée à serrer la main de Benjamin Netanyahou.
Face à la guerre en Ukraine, vous n'avez pas hésité à prendre des sanctions contre la Russie. Ce qui vaut pour les Ukrainiens ne vaudrait pas pour Gaza? La vie des Palestiniens n'a-t-elle aucune valeur? Qu'attendez-vous, bon sang, pour prendre de réelles sanctions contre Benjamin Netanyahou? Qu'il n'y ait plus un seul Palestinien en vie à Gaza?
Les mots n'arrêtent pas un massacre. Il faut des actes. L'histoire vous jugera, car, quand Gaza sera rayée de la carte, il sera trop tard pour agir.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.