Discours du 20 mai 2026
Manon Meunier · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°239
Nous sommes vraiment très heureux de voir que M. Cazeneuve soutient l’objectif d’un abattoir par département. Maintenant, il faudrait être cohérents. C’est vous qui contribuez à la disparition de tous les élevages de proximité, de tous les élevages locaux. L’accord avec le Mercosur, ce n’est pas nous qui l’avons laissé passer ! Au Parlement européen, le traité de libre-échange avec le Mercosur, ce n’est pas le groupe auquel appartient La France insoumise qui l’a laissé passer !
Ni les écologistes, c’est vrai ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
La concentration des abattoirs en France est le résultat direct de votre politique. Qui possède les abattoirs ? Ce sont les coopératives géantes, qui s’accaparent tous les outils de production. Ce sont les grands groupes comme Charal, que vous favorisez par vos politiques publiques. C’est exactement l’objectif de l’article 17 : donner la main à toutes ces firmes, qui récupèrent progressivement l’ensemble des outils de production, en en dépossédant complètement les éleveurs. Et à la fin, nous serons devenus ultradépendants, soit des importations, soit de fermes qui ne seront plus tenues que par des firmes ou des grandes coopératives. C’est très joli ce que vous nous dites, monsieur Cazeneuve. Maintenant, il faudrait aligner le texte avec les faits. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Les territoires ultramarins sont complètement oubliés dans votre projet de loi d’urgence, madame la ministre. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Et pourtant il y a aussi urgence en matière agricole dans les outre-mer.Nous avons reçu à l’Assemblée nationale une délégation de paysans et de paysannes des territoires ultramarins, représentants de la Confédération paysanne. Ils nous ont alertés – tout comme ils vous ont alertée, mais ils attendent toujours votre réponse –…
…au sujet du Posei, le programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité.Le Posei est un scandale : ces aides publiques versées aux territoires ultramarins sont accaparées par quelques géants, des propriétaires qui concentrent toute leur production sur une monoculture dédiée à l’export – sucre de canne, banane, etc. En conséquence, les territoires ultramarins sont extrêmement dépendants des importations pour leur alimentation. Et les paysans et les paysannes locaux dont la production est dédiée à une alimentation locale et de qualité sont les premiers pénalisés ; chez eux, l’argent public ne retombe absolument pas.Mayotte et la Guyane ne produisent qu’un tiers de l’alimentation qu’elles consomment, la Martinique est dépendante à 87 % des importations pour son alimentation et la Guadeloupe à 82 %. On ne peut pas continuer comme cela !Nous proposons donc par cet amendement de penser aux territoires ultramarins en favorisant les contrats territoriaux de transition et d’engagement agroécologique, afin que l’argent public retombe en premier lieu sur une agriculture qui permet de nourrir localement la population – ce qui est du reste le véritable sens de la souveraineté alimentaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).