Discours du 26 mai 2026
Marc Fesneau · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°247
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Cet amendement a le mérite de poser une question importante : où est-ce qu’on compte l’espèce ? À quel niveau ? Certainement pas au niveau infranational, départemental, car cela n’aurait aucun sens. Si l’on en est arrivé à un déclassement du loup au niveau européen, c’est parce qu’on a réfléchi à l’échelle des massifs, en particulier du massif alpin.Notre collègue Émilie Bonnivard a proposé plusieurs façons de compter le loup. Je ne suis pas sûre que la notion d’approche transfrontalière soit assez précise, parce que cela inclurait aussi, par exemple, les Pyrénées, alors qu’il faut compter les populations lupines au niveau de l’arc alpin.Madame la ministre, monsieur le ministre, pour évaluer l’état de conservation de l’espèce – car c’est ce qui nous préoccupe tous –, je crois qu’il faut réfléchir, non pas à l’échelle nationale – et encore moins départementale –, mais à l’échelle européenne. Il me semble que c’est là-dessus qu’il faut travailler. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)
Eh oui !
Nous, nous voterons contre à regret – j’associe à ce propos notre collègue Bonnivard, que je remercie de m’avoir laissé la parole alors qu’elle aurait également souhaité s’exprimer. Si seuls les départements où le loup est déjà présent doivent assumer la charge de la compatibilité de l’élevage avec le loup, on obtient un dispositif inégalitaire et inéquitable. Mme la ministre a rappelé le problème des fronts de colonisation ; il y a le manque d’habitude, la non-protégeabilité de certains élevages, des pratiques qui ne marchent pas. Reste que figer les choses, restreindre les populations de loups aux Alpes, en gros, constituerait une injustice crasse. En matière de préservation de la biodiversité – soit dit pour rassurer Mme Voynet, pas question d’éradiquer le loup –, la charge doit être collective ; il faut donc penser autrement.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).