Discours du 13 septembre 2023
Marie Dauchy · Révision du statut de protection des loups et d’autres grands carnivores dans l’Union (débat d'actualité)
Madame la Présidente, chers collègues, une attaque de loup sur le poney de Madame von der Leyen a enfin amené ce débat à l’ordre du jour. Mais nos éleveurs subissent ces attaques depuis des années sans recevoir les moyens nécessaires pour y faire face. Le problème qui préoccupe nos éleveurs depuis longtemps semblait jusqu’à présent bien éloigné de vos préoccupations de technocrates retranchés dans votre tour d’ivoire.
Mais aujourd’hui, c’est en tant qu’élue savoyarde que je prends la parole, parce que je rencontre chaque semaine des éleveurs qui sont à bout, ne sachant plus quoi faire pour s’en sortir. À la pénibilité du travail, à la faible reconnaissance sociale, à l’étouffement fiscal, etc., on ajoute la problématique du loup, qui est un véritable fléau pour nos éleveurs. La Savoie est le troisième département le plus touché avec 4 à 8 constats d’attaque par jour. Pour être indemnisé en cas d’attaque, il est demandé à nos éleveurs d’être équipés de moyens de protection, mais aujourd’hui, aucun n’est véritablement efficace. J’ai rencontré une éleveuse en Maurienne qui, malgré l’utilisation de filets électrifiés, d’un berger et de plusieurs patous, a été attaquée à plusieurs reprises.
La mise en place de moyens de protection est complexe, comme les chiens par exemple, qui doivent être en nombre suffisant, issus d’une bonne lignée et bien dressés. Mais malheureusement, les centres de dressage spécialisés sont rares ou inexistants – aucun en Savoie par exemple. De plus, les chiens de protection font l’objet de nombreuses plaintes de la part des voisins, des promeneurs, et même des maires.
Il est de bon ton de voter contre l’abattage du loup au nom du bien-être animal. Mais où est ce bien-être animal lorsque le loup attaque des dizaines de brebis et les laisse agoniser pendant des heures? Face à l’augmentation de la prédation et à la détresse immense de nos éleveurs, il est urgent d’agir. Si vous restez spectateurs de cette situation désastreuse, nous perdrons bientôt tous nos éleveurs, qui sont pourtant la richesse et l’identité de nos territoires. Chaque jour en France, un agriculteur se suicide. Derrière ce chiffre, il y a des vies et des familles brisées, plongées dans un deuil inconsolable. Et comme le disait Jean de La Fontaine: «les belles paroles ne valent rien sans les actions qui les accompagnent».
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.