Discours du 19 mai 2025
Marie-France Lorho · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°203
Il est tout à fait légitime qu’un patient refuse de recevoir un traitement, ou arrête de le recevoir. C’est son droit le plus strict, et nous ne saurions le remettre en cause. Cependant, le malade ne doit pas entraîner la société et le corps médical dans son choix. Le rôle du médecin est de soigner, pas de donner la mort. Si le patient ne permet pas à ce dernier de le soigner en vue de sa rémission, la réponse du corps médical ne peut être d’encourager l’abrogation de sa vie. Le corps médical doit chercher avant tout à mettre fin à ses souffrances. Quant à la société, elle ne peut donner un blanc-seing à toutes les personnes qui refusent d’être soignées, au risque de méconnaître les principes élémentaires de l’assistance à une personne en danger. Parfois, le refus de soins relève de l’appel au secours ; soyons-en conscients ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Aux termes du serment d’Hippocrate, le premier souci du médecin est « de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux ».Cet amendement de repli vise à rappeler cette évidence de la mission du médecin en intégrant aux critères d’admission au suicide assisté ou délégué le fait d’avoir reçu tous les soins possibles dont le patient peut bénéficier.Alors que l’hôpital fait face à des difficultés structurelles, dues au manque de moyens comme de personnel, il apparaît prudent de s’assurer que tous les soins possibles ont été prodigués. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).