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Discours du 11 juin 2026

Marie Mesmeur · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°268

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Vous ne savez pas quoi dire !

La honte !

Il est en baisse constante !

C’est loin des promesses d’Emmanuel Macron !

Parce que les revenus sont indexés sur l’inflation mais pas les bourses !

Cela concerne les trois quarts des étudiants, pas seulement les classes moyennes !

Et combien coûte le crédit d’impôt recherche ?

Quelle honte !

Exactement !

Pour tous les étudiants !

Ça ne marche pas ! C’est une fausse mesure !

Pas du tout !

Quelle honte ! C’est du racisme !

À tous les étudiants !

Ça fait trois ans qu’on attend !

Par 49.3 !

Le groupe socialiste, il faut le dire !

Une fois de plus, nous voilà réduits à arracher quelques mesures à ce gouvernement pour qu’un peu moins d’étudiants souffrent de la faim. Le 22 juillet 2017, à peine élus, Emmanuel Macron et ses soutiens réduisaient les APL de 5 euros, alors que c’est la seule aide universelle pour les moins de 25 ans, et tout ça pour quoi ? Pour financer la réduction de l’impôt de solidarité sur la fortune. Le ton était donné.

En deux quinquennats, le nombre de personnes de 18 à 24 ans souffrant de dépression a presque doublé. Le coût de la vie des étudiants a augmenté de 25,5 %, tandis que le nombre de boursiers a baissé de 73 000. L’étau se resserre sur les jeunes. Désormais, ils sont pauvres : 540 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté.En plus, Parcoursup et Mon Master les obligent à accepter n’importe quelle formation, n’importe où et à n’importe quel prix.Pour les étudiants étrangers, la précarité est encore plus terrible. Ils n’ont pas accès aux bourses sur critères sociaux, ils n’auront plus d’APL à partir du 1er juillet, à cause de votre 49.3, et ils doivent payer des frais d’inscription seize fois supérieurs à ceux des étudiants français et européens à cause de votre cynisme et de votre xénophobie.Tout est fait pour que les moins riches d’entre eux partent. Nous sommes dans une nouvelle crise sociale du monde étudiant. Depuis neuf ans, l’inaction des gouvernements macronistes a été totale. Quand il y a urgence, ils annoncent une petite réforme ou une consultation qui n’aboutiront jamais. Quand une protestation gronde, ils répondent par du gaz lacrymogène.En 2019, quand un étudiant de 22 ans s’est immolé par le feu devant le Crous de Lyon en écrivant : « Cette année […], je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? », Gabriel Attal, alors secrétaire d’État à la jeunesse, a répondu avec mépris que « mettre fin à ses jours n’est jamais un acte politique » et ne lui a apporté aucune autre réponse.

Parce qu’il y a urgence absolue, nous, depuis les bancs de l’opposition, essayons de riposter. Face aux blocages de la Macronie, les niches parlementaires nous offrent une toute petite marge de manœuvre. Je remercie ma collègue Soumya Bourouaha de présenter cette proposition de loi, qui comporte deux dispositifs simples et de bon sens. D’abord, maintenir les bourses étudiantes tout au long de l’année, car les loyers ne s’arrêtent pas en juillet et les charges ne s’arrêtent pas en août. Ensuite, indexer les bourses sur l’inflation car beaucoup d’étudiants sortent du dispositif par un effet mécanique. Il n’y a jamais eu aussi peu de boursiers depuis dix ans, alors qu’il n’y a jamais eu autant de précarité.Ces deux mesures coûtent 540 millions d’euros par an. Pour que l’on comprenne bien, cela représente 0,008 % du montant de la niche fiscale du crédit d’impôt recherche – ce n’est rien, et c’est pourtant tellement pour les étudiants boursiers.Il s’agit d’un premier pas car, vous l’avez compris, ce sont des rustines. On n’arrête pas la mer avec les bras. La précarité, la pauvreté et la détresse mentale de la jeunesse appellent un changement radical de politique. En effet, la jeunesse a profondément changé depuis que le système de bourse a été pensé, dans les années 1950, pour une France où les étudiants étaient peu nombreux, issus de familles à revenus prévisibles, dans un marché locatif sans commune mesure avec celui d’aujourd’hui.La jeunesse n’est plus la même : elle pense, elle vit, elle agit de façon différente. Elle dure plus longtemps aussi : désormais, même dans les statistiques nationales, c’est l’âge de 30 ans qui est retenu pour en marquer le terme, car les études s’allongent et l’âge du premier emploi stable est passé de 22 à 27 ans en une vingtaine d’années.C’est un bouleversement sociologique, une révolution dans l’identité d’une classe d’âge. Alors, dans cette nouvelle France, les députés de La France insoumise entendent répondre par la création d’un office pour l’autonomie des jeunes, qui remplacera les vingt-huit administrations dispersées et impuissantes qui se concurrencent. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Nous répondons par la création d’un statut protecteur pour les jeunes, qui prenne en charge leur santé mentale, couvre leurs besoins matériels par une garantie d’autonomie d’un montant de 1 288 euros par mois et organise le logement social jeune sur tout le territoire.Nous savons tous ici qu’aucun autre gouvernement que celui de La France insoumise ne sera capable d’une pareille révolution.N’oubliez pas, jeunes de France, que le Rassemblement national ne s’est jamais opposé à la création de Parcoursup. N’oubliez pas, jeunes de France, que le Parti socialiste a soutenu un gouvernement qui retirait les APL aux étudiants étrangers. N’oubliez pas, jeunes de France, que c’est un ministre des Républicains qui a envoyé les CRS contre les mobilisations étudiantes en soutien au peuple palestinien. N’oubliez pas, enfin, que c’est Emmanuel Macron qui se présentait comme le président des jeunes avant de passer neuf ans à essayer de mettre au pas la jeunesse, aidé par son ministre Gabriel Attal.Pour conclure, comme nous l’avons dit samedi devant 26 000 personnes à Saint-Denis et 50 000 personnes en ligne, les étoiles sont alignées. L’insoumission se répand. Pour que ces étoiles dessinent enfin une constellation, pour que vienne le printemps, elles ont besoin de vous. Si nous emportons avec nous toutes les personnes que le libéralisme et le racisme frappent, nous pouvons tout changer ! Jeunes de France, vous êtes des millions, littéralement des millions ! Alors, pour abattre la citadelle, rien ne pourra être fait sans vous. Retenez : les étoiles sont alignées ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).