Discours du 3 décembre 2024
Marie Récalde · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°60
Monsieur le ministre délégué, je souhaite appeler votre attention sur les difficultés d’accès aux classes sportives que connaissent de nombreux jeunes, notamment dans ma circonscription de la Gironde, à Mérignac et au Haillan, et sur l’incertitude qui entoure la généralisation des deux heures de sport supplémentaires au collège.Vous le savez, l’héritage des Jeux olympiques de Paris 2024 suscite un espoir fort au sein des associations sportives et du système éducatif, et toute notre société partage l’ambition de voir le sport devenir un levier de cohésion sociale et d’épanouissement des jeunes. Ces jeux ont suscité de nombreuses vocations chez des jeunes en club, qui ont compris qu’il était possible de devenir un champion olympique. Il paraît donc crucial d’investir massivement dans cette nouvelle génération de sportifs et de lui inculquer les valeurs de respect, de sens de l’effort et de civisme.Si nous voulons que la France envoie aux prochains Jeux olympiques une nouvelle génération de champions, il faut que nous investissions dans notre jeunesse et que nos institutions éducatives s’adaptent. Or de nombreux acteurs locaux, comme le Sport Athlétique Mérignacais, d’où est issu notre champion olympique de cécifoot, Frédéric Villeroux, s’inquiètent des conséquences d’une application stricte de la carte scolaire, qui empêche de nombreux jeunes d’accéder aux classes sportives, alors même qu’ils sont très motivés.Avec la section gymnastique du collège Gisèle-Halimi de Mérignac, comme avec la section football, masculin et féminin, du Haillan, depuis 1998, de nombreuses collaborations ont lieu, en particulier dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville, qui ont permis de concilier études et sport de haut niveau. Or une certaine rigidité administrative compromet aujourd’hui la pérennité de ces clubs et de diverses initiatives pédagogiques, qui ont pourtant fait leurs preuves. Afin de maintenir un égal accès au sport pour tous les élèves, envisagez-vous d’adapter et de rendre plus flexibles les règles de la carte scolaire pour les classes sportives ?Par ailleurs, l’annonce de la généralisation des deux heures de sport supplémentaires au collège avait recueilli le soutien de tout le secteur sportif, qui y voit un moyen efficace de réduction des inégalités d’accès au sport entre les élèves. Par conséquent, l’abandon de cette mesure inquiète et fait douter de la détermination du gouvernement à mener une politique sportive d’envergure. Pouvez-vous nous rassurer en précisant les objectifs concrets du gouvernement à ce sujet ?
Me voilà rassurée en ce qui concerne les deux heures de sport supplémentaires. J’espère que les enseignants seront en nombre suffisant pour les assurer, car c’est effectivement un enjeu de santé publique.S’agissant des classes sport-études, vous savez bien, monsieur le ministre délégué, que lorsqu’on demande à entrer dans l’une de ces classes, c’est que l’on fait déjà du sport depuis de nombreuses années. Cela s’inscrit dans un parcours, et les Jeux olympiques ont montré toute l’importance de tels parcours.D’où l’importance d’examiner avec attention ces demandes de dérogation. Ayant été élue d’une commune, chargée de l’éducation, je souhaite comme vous prévenir les contournements de la carte scolaire, mais s’agissant de cette classe sportive en particulier, seize enfants risquent d’être empêchés de poursuivre leur cursus de gymnastique. Il est dans l’intérêt du pays d’offrir à ces jeunes un espoir de réussite par le sport, de garantir l’égalité, a fortiori dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).