Discours du 13 janvier 2026
Marie Récalde · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°110
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Ma question porte sur la soutenabilité de notre modèle d’accompagnement et de prise en charge des personnes polyhandicapées au sein des établissements médico-sociaux.Nous constatons toutes et tous, dans nos territoires, la dégradation très préoccupante de ces établissements. Dans certaines structures, plus de la moitié des postes sont vacants. Cette situation provoque un recours massif et durable à des intérimaires qui assurent la continuité nécessaire du service. Vous le savez, la pénurie touche particulièrement les aides-soignants et les infirmiers, parfois même les médecins et les spécialistes. Elle désorganise le suivi des résidents, et ce, malgré l’engagement sans faille des équipes soignantes.Ses conséquences sont lourdes, tant pour les personnes polyhandicapées que pour leurs aidants. Dans ma circonscription, on déplore même des suspensions d’admission, alors même que des lits sont disponibles. Les accueils de jour temporaires sont eux aussi fermés, bien souvent par manque de personnel, et les professionnels sont nombreux à nous alerter sur les risques d’erreurs de traitemen ou de défauts de soin – partant, sur un risque de négligence passive, à terme, par manque de moyens humains et financiers.Tandis que toutes les projections laissent présager une croissance continue du nombre de personnes polyhandicapées nécessitant un accompagnement intensif, le secteur souffre déjà de la vacance de plusieurs dizaines de milliers de postes et doit faire face au vieillissement du personnel, à la baisse des inscriptions en formation et à la hausse des démissions.Nous ne pouvons que constater les limites du modèle actuel, avec une augmentation du financement des établissements médico-sociaux bien inférieure aux besoins. Face aux défaillances manifestes du modèle actuel, quelles mesures le gouvernement entend-il prendre ? Compte-t-il revaloriser durablement les rémunérations et les conditions de travail des personnels titulaires, et enrayer ainsi la pénurie de professionnels qualifiés ? Envisage-t-il d’encadrer le recours à l’intérim et d’adapter le statut des intérimaires – une piste parmi d’autres ? Enfin, quelles évolutions législatives et réglementaires le gouvernement est-il prêt à engager pour garantir l’accompagnement digne, continu et de qualité des personnes polyhandicapées sur l’ensemble du territoire ?
Vous avez raison, nous partageons la même préoccupation. On voit que beaucoup de choses sont déjà faites mais, malgré tout, nos constats restent implacables et inquiétants.Je retiens votre dernier mot, celui d’attractivité. Il faut mener un travail auprès de nos jeunes pour revaloriser l’image de ces métiers, les rendre plus attrayants et organiser des passages de relais – des formes de tutorat ? – qui n’existent pas encore aujourd’hui. Plusieurs voies doivent être explorées et je ne suis pas certaine, bien qu’elle soit importante, que la revalorisation salariale soit le seul moyen de motiver des professionnels passionnément attachés à leur métier.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).