Discours du 27 novembre 2024
Marie Toussaint · L’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et l’appel à sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la répression de la liberté d’expression en Algérie (débat)
Monsieur le Président, c'est avec une indignation immense que je prends la parole aujourd'hui, au nom des écologistes, pour dénoncer l'arrestation de Boualem Sansal, cet homme de lettres détenu pour avoir osé penser librement, pour avoir choisi la parole plutôt que le silence de plomb exigé par un régime aux abois. Nous demandons sa libération immédiate.
Demander la libération de Boualem Sansal, c'est défendre une liberté essentielle: celle des écrivains, celle des penseurs, celle des créateurs. Cette liberté n'est pas conditionnelle. Elle ne dépend pas de savoir si nous partageons leurs idées ou non. La liberté d'un écrivain n'est jamais seulement une question individuelle; elle est le baromètre de la liberté d'un peuple. Quand on emprisonne un écrivain, on emprisonne toute une nation, car on la prive de sa pensée, de sa capacité à rêver, à questionner, à évoluer.
Au-delà, donc, de la personne de Boualem Sansal, ce cri que nous lançons aujourd'hui est un appel à la liberté pour un peuple tout entier, le peuple algérien, qui depuis des décennies étouffe. Il étouffe sous le poids d'une gérontocratie qui s'accroche au pouvoir, sous un système verrouillé qui refuse d'entendre des aspirations légitimes à la démocratie, à la transparence et à une vie meilleure. Alors, d'un seul et même élan, nous demandons liberté pour Boualem Sansal et liberté pour l'Algérie tout entière.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.