Discours du 3 avril 2025
Marie Toussaint · 110e anniversaire du génocide arménien
Monsieur le Président, en avril 1915, l’État ottoman arrête, déporte, assassine. Plus d’un million d’Arméniens sont exterminés. Ce génocide demeure une plaie non suturable dans la mémoire du peuple arménien et dans la mémoire européenne. Ce qui a été détruit, ce ne sont pas seulement des vies éparses: c’est tout un peuple que l’on a voulu effacer. Il nous faut garder vivant le souvenir contre les fossoyeurs de la mémoire qui nient encore, cent dix ans après le crime, poursuivant ainsi la basse besogne génocidaire.
Cependant, on ne peut pas défendre la mémoire des morts et trahir les vivants. Aujourd’hui encore, l’Arménie saigne. Malgré l’accord de paix, l’Azerbaïdjan continue son blocus et ses bombardements, de même qu’elle continue de faire des prisonniers politiques. Ainsi, 100 000 personnes ont été arrachées à leur terre, le Haut-Karabakh, et aujourd’hui encore elles attendent leur droit au retour. Pendant ce temps, l’Union européenne signait un accord gazier avec l’Azerbaïdjan. Elle parle de paix tout en se trahissant pour du gaz. Elle oublie que les droits de l’homme ne sont pas négociables.
Le peuple arménien souffre de voir l’histoire se répéter sous d’autres formes, avec d’autres mots, mais avec la même impunité. Alors nous avons une responsabilité: pas seulement celle de nous souvenir, mais celle de refuser les compromissions et d’agir.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.