Discours du 14 septembre 2023
Marina Mesure · Modification des règlements (UE) 2019/943 et (UE) 2019/942 ainsi que des directives (UE) 2018/2001 et (UE) 2019/944 pour améliorer l'organisation du marché de l'électricité de l'Union (A9-0255/2023 - Nicolás González Casares) (vote)
Monsieur le Président, chers collègues, l’électricité est un bien essentiel. Il est probablement l’un de ceux qui intéressent le plus les Européens. Il serait donc choquant que le Parlement européen ne puisse pas se prononcer sur un sujet aussi fondamental, alors même que la crise des prix de l’énergie fait basculer des millions de ménages dans la précarité, les privant souvent de besoins vitaux comme se chauffer et s’éclairer. Une crise qui mène des milliers de TPE, de PME, d’artisans, de boulangers à la faillite, asphyxiés par des factures d’électricité qui ont été multipliées par dix ou vingt. Et, ironie du calendrier, on annonce ce matin en France une hausse de 20 % des tarifs de l’électricité d’ici 2024.
Dans ce contexte, cette réforme du marché de l’électricité est probablement l’une des réformes les plus importantes de la mandature. Les ménages, les collectivités, les entreprises, les industries ont les yeux rivés sur nous et nous devons leur rendre des comptes. C’est ce que nous avons fait en débattant dans cet hémicycle de toutes les législations sur le climat. Faisons de même pour l’avenir du secteur de l’électricité.
Cette objection que nous formulons aujourd’hui pour pouvoir débattre en plénière est soutenue par des députés de plusieurs groupes pour des raisons différentes. Certains voudront, comme l’extrême droite, approfondir le marché, d’autres y voient un moyen de renforcer le nucléaire et inclure le charbon. Ce n’est pas notre position. Pour nous, c’est la conviction profonde que l’énergie n’a pas vocation à être gérée par le marché et que les prix de l’électricité doivent correspondre au coût moyen de production.
Chers collègues, ce dont ont besoin les ménages et les entreprises, c’est de la prévisibilité sur leur facture d’électricité et cela passe nécessairement par des tarifs réglementés. Mais au fond, quelles que soient nos divergences, débattons-en ici. À l’heure où tous les baromètres témoignent de la défiance grandissante des Européens vis-à-vis des institutions, montrons-leur que les sujets qui les préoccupent au quotidien sont au cœur de nos préoccupations.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.