Discours du 17 septembre 2024
Marion Maréchal · État de l'union de l'énergie (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, longtemps cette assemblée et cette Commission ont été politiquement et intellectuellement dominées par les écologistes sur les questions énergétiques et nous ont conduit à perdre beaucoup de temps en combattant malheureusement cette énergie nucléaire, aggravant ainsi notre dépendance énergétique à l'égard de l'étranger. Il aura donc fallu une guerre et une crise énergétique sans précédent pour qu'enfin, le 6 février 2024, le nucléaire soit reconnu comme technologie stratégique de l'Union, ce que Madame von der Leyen a confirmé le 2 septembre dernier.
Mais il ne faut pas se contenter des postures. Il faut dorénavant que cette décision devienne stratégique et se traduise en mesures concrètes, comme par exemple financer un grand plan d'équipement nucléaire européen, réformer la directive sur les énergies renouvelables – qui vise une part de 45 % d'énergies renouvelables dans les mix énergétique nationaux et qui, objectivement, n'a aujourd'hui plus de sens –, laisser les nations libres de choisir leur mix énergétique et, enfin, mettre fin aux prix européens de l'énergie qui pénalisent aujourd'hui les Français et pénaliseront demain les pays qui s'équiperont du nucléaire.
Il conviendrait par ailleurs de rééquilibrer les fonds consacrés à la réduction des émissions vers davantage d'investissement sur l'adaptation. Depuis l'accord de Paris, les émissions mondiales ne cessent d'augmenter et les deux tiers viennent des pays émergents. Il ne faut donc pas simplement se contenter de surréglementer le continent européen au prix parfois de la décroissance, mais financer notre adaptation, comme par exemple le financement des digues, le stockage de l'eau ou l'évolution de notre production agricole.
Enfin, si nous voulons l'indépendance énergétique, soyons innovants et sortons du principe de précaution mortifère qui aujourd'hui, par exemple, nous empêche ne serait-ce que d'explorer nos ressources en gaz de schiste, alors que nous l'importons massivement des États-Unis. Et pour conclure, dans l'énergie comme ailleurs, renouons avec l'audace et l'inventivité du génie européen.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.