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Discours du 29 janvier 2026

Martine Froger · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°132

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Les hôpitaux publics font de plus en plus payer le parking, notamment en recourant à une délégation de service public. On constate des inégalités sociales et territoriales de taille : si certains hôpitaux pratiquent des tarifs modérés, d’autres facturent des dizaines d’euros pour une visite de quelques heures. Des patients qui reçoivent des soins hospitaliers quotidiens doivent débourser des centaines d’euros par mois.Faire payer le stationnement à l’hôpital, c’est imposer une barrière financière à des personnes déjà vulnérables. Pire, les tarifs prohibitifs risquent d’aggraver le renoncement aux soins. À quoi bon se battre pour améliorer les remboursements de soins et réduire les franchises médicales si l’on impose un péage à l’entrée de l’hôpital ?Dans une société qui prétend garantir l’égalité devant la santé, ces pratiques sont inacceptables. Pour les ménages les plus précaires ou pour ceux qui habitent à des dizaines de kilomètres de l’hôpital le plus proche, ces frais de parkings constituent un réel frein à l’accès à la santé. Dans un désert médical ou dans une zone rurale où le seul hôpital est à 50 kilomètres, quand il n’y a pas de transports en commun, la voiture est la seule option pour se faire soigner. Les tarifs de stationnement parfois exorbitants pèsent sur les épaules de ceux qui sont déjà les plus éloignés des soins, qui subissent la fermeture des services publics de proximité et qui manquent de médecins proches de chez eux. C’est une double peine territoriale et sociale.La proposition de loi rappelle que l’hôpital n’est pas une entreprise mais un service public. L’accès à celui-ci ne peut pas être conditionné à la capacité de payer un ticket de parking. Elle instaure la gratuité de stationnement pour les patients tout au long de leurs soins, pour les accompagnants de patients mineurs, pour les professionnels et pour les visiteurs de courte durée.Plus encore que l’accès aux soins, cette proposition de loi reconnaît l’importance de l’accompagnement des malades. Accompagner un enfant hospitalisé, soutenir un parent âgé, être présent auprès d’un conjoint malade n’est pas un luxe, mais c’est une nécessité humaine et souvent thérapeutique. Personne ne devrait devoir chronométrer et payer cette présence.Enfin, le texte met fin à l’aberration qui consiste à faire payer le stationnement au personnel hospitalier sur son lieu de travail. Certes, l’objectif est d’inciter les professionnels à utiliser des moyens de mobilité douce, mais cela ne doit pas pénaliser aussi fortement ceux qui n’ont d’autre solution que d’utiliser leur voiture, et ce alors que l’hôpital public peine à recruter et que les professionnels hospitaliers manquent de reconnaissance. Assurer la gratuité du stationnement pour le personnel, c’est faire preuve de cohérence envers ceux que nous avons applaudis tous les soirs à 20 heures. La lucrativité ne peut être établie aux dépens de celles et ceux qui font tourner l’hôpital, en étant trop peu payés.J’espère que cette proposition de loi, qui garantit que l’hôpital reste un lieu de solidarité et non de marchandisation, trouvera un large consensus. L’accès aux soins ne doit jamais commencer par un péage. Tous les malades ont le droit à des accompagnants. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LR. – M. le rapporteur applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).