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Discours du 18 septembre 2024

Mathilde Androuët · Réponse de l'Union à l'épidémie de Mpox et nécessité d'une action continue (débat)

Monsieur le Président, le 14 août dernier, l'Organisation mondiale de la santé déclarait que l'épidémie de variole du singe en République démocratique du Congo et dans les régions voisines constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Encore une fois, l'annonce de l'OMS a déclenché une série de réactions inquiétantes de la part de la Commission européenne. Permettez-moi d'abord de rappeler un principe fondamental devant cet hémicycle nourri au fédéralisme européen: la santé publique relève avant tout de la compétence des États membres. Cette centralisation européenne est problématique. Elle est souvent inefficace, coûteuse et manque cruellement de transparence, comme l'a démontré la passation de contrats de vaccins anti-COVID. Les États membres sont mieux placés pour évaluer et gérer les risques sanitaires qui les concernent directement, en tenant compte de leurs réalités locales.

Dans le cas de la variole du singe, de nombreux experts ont souligné que cette maladie, bien que préoccupante, n'a rien à voir avec la pandémie de COVID-19. Le taux de transmission et de mortalité est relativement faible et il ne semble donc pas justifié de prendre des mesures aussi extrêmes que celles appliquées lors de la COVID. En revanche, rétablir un contrôle aux frontières de l'Europe sur les personnes en provenance des zones touchées pourrait s'avérer efficace pour prévenir une diffusion sur notre continent à ce jour préservé. La frontière n'est pas un gros mot, sachez-le, bien au contraire.

Ce qui nous inquiète ici, c'est que l'approche actuelle de la Commission risque de mener à une escalade de mesures disproportionnées, menaçant nos libertés individuelles. Les crises sanitaires deviennent un prétexte pour la Commission qui ne cherche qu'à renforcer son emprise. Remettre en cause la Commission ne remet pas en cause, bien sûr, la solidarité, notamment pour l'envoi de vaccins à d'autres pays membres. Cependant, si un pays décide de constituer un stock de réserves stratégiques à destination de sa population, ce choix est de plein droit et ne doit pas faire l'objet d'un courroux de la Commission, comme on a pu le constater à l'égard des Pays-Bas. Messieurs les élus et commissaires non élus, connaissez-vous le principe de priorité nationale? Le gouvernement néerlandais est souverain et ce n'est pas à Mme von der Leyen de dire ce qui est bon ou mauvais dans la politique, ou ce qui est bon ou mauvais pour les États membres.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.