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Discours du 18 septembre 2024

Mathilde Androuët · La détérioration de la situation des femmes en Afghanistan du fait de l'adoption récente de la loi sur "la promotion de la vertu et la prévention du vice"

Monsieur le Président, l'adoption de la loi sur la promotion de la vertu et la prévention du vice par les talibans suscite l'effroi tant la situation des Afghanes n'a de cesse de régresser. Privées de leurs libertés fondamentales, les femmes sont enfermées dans un système de contrôle total de leur vie quotidienne: interdiction de se déplacer sans tuteur masculin, impossibilité d'accéder à l'éducation, interdiction de travailler dans la plupart des secteurs. Hélas, soyons honnêtes, notre condamnation unanime ici ne changera rien à leur sort. Le soutien moral c'est bien, le soutien actif c'est mieux. Aussi, à défaut de ne pouvoir par notre travail législatif améliorer la vie de ces malheureuses, examinons celui des femmes afghanes exilées qui considèrent que l'Europe n'est pas à la hauteur du combat pour le droit des femmes.

Ainsi, le 26 août dernier, l'athlète olympique afghane de taekwondo, Marzieh Hamidi, réfugiée depuis deux ans à Paris, s'indigne sur les réseaux sociaux de cette nouvelle législation afghane. Elle reçoit pour seule réponse des torrents d'injures, des menaces de mort et de viol. Elle vit désormais sous protection policière, cachée, et a dû déménager deux fois en quinze jours. Voici son témoignage: «Je vis à Paris depuis plus de deux ans et je ne pensais pas que ma vie serait mise en danger ici. De nombreux appels venaient d'Afghanistan, mais aussi de France, de Belgique, d'Allemagne. On veut me faire taire dans mon pays d'origine, mais désormais ici aussi, en France, en plein cœur de l'Europe.»

Dénoncer la charia afghane depuis Strasbourg est simple, mais ferez-vous la même chose contre celle qui se développe en Europe? Une guerre culturelle nous est menée à nous Européens, et la liberté de la femme est leur champ de bataille prioritaire. Ne nous leurrons pas: l'augmentation des flux migratoires en Europe, couplée à la lâcheté de nos institutions politiques, sont la cause de cette talibanisation de la vie de certaines femmes. Notre vigilance doit être sans faille. Mettons à la poubelle le politiquement correct et la fable du racisme systémique qui ne fait qu'abandonner les filles et les femmes. Les agitations de la gauche, soi-disant antiracistes mais en réalité lâches et électoralistes, ne doivent pas nous faire dévier du seul cap de la préservation culturelle que nous devons tous partager ici: la liberté des femmes, de nos mères, de nos sœurs, de nos amies et de nos filles.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.