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Discours du 1 juillet 2026

Matthieu Bloch · Première session extraordinaire 2026 · séance n°1

Le contexte géopolitique nous rappelle chaque jour que nous vivons dans un monde aussi dangereux qu’avant la chute du rideau de fer. Alors que nous surfions naïvement sur les dividendes de la paix, nous avons désarmé progressivement notre pays. Nous avons été chassés de nos bases en Afrique et nous avons perdu beaucoup d’influence dans l’Indo-Pacifique. Une nation qui renonce à sa puissance finit toujours par perdre son rang.Le général de Gaulle l’avait compris : il n’existe pas de souveraineté sans puissance, ni de puissance sans effort de défense. La France consacrait alors près de 5 % de la richesse nationale à ses armées, tandis qu’à présent nous dépassons très légèrement 2 % du PIB.La loi de programmation militaire votée en 2023 était déjà sous-dimensionnée et la dégradation de la situation internationale en révèle aujourd’hui toutes les limites. Je tiens à rendre hommage aux femmes et aux hommes de nos armées qui, malgré ces insuffisances budgétaires, accomplissent leur mission avec courage et dévouement.Oui, les 36 milliards d’euros supplémentaires prévus par cette actualisation sont nécessaires. Oui, les efforts consentis sur les munitions, les capacités spatiales, l’aviation de combat et les drones vont dans le bon sens. Oui, le relèvement de la cible de nos lance-roquettes unitaires constitue une avancée. Le groupe UDR avait dénoncé l’insuffisance de la cible initiale et se félicite de son relèvement par la commission mixte paritaire. Nous saluons également le fait qu’une solution souveraine ait été retenue. Nous nous félicitons enfin de l’adoption d’une mesure que notre groupe avait défendue dans cet hémicycle : privilégier dans la commande publique les drones souverains français, puis européens.Ces avancées démontrent une chose : lorsque nous faisons confiance à notre BITD, à nos ingénieurs, à nos ouvriers et à nos entreprises, la France est encore capable de produire l’excellence. Mais ne nous racontons pas d’histoires. Cette actualisation est avant tout un rattrapage. Elle ne traduit pas une ambition, mais une contrainte : celle de l’état de nos finances publiques, dramatiquement et scandaleusement dégradées par neuf années de macronisme. En moins de dix ans, la dette de notre pays a augmenté de plus de 1 000 milliards d’euros.À cause de ce désastre, nous en arrivons à une absurdité : la France consacre aujourd’hui davantage d’argent au paiement des intérêts de sa dette qu’au budget de ses armées. Autrement dit, les Français dépensent davantage pour rembourser les désastres budgétaires des gouvernements socialo-macronistes qui se sont succédé que pour assurer leur propre sécurité. Je ne suis pas sûr qu’ils vous le pardonneront.Vous reconnaissez la nécessité du réarmement, mais votre gouvernement est incapable de faire les choix budgétaires nécessaires pour son financement, puisque le premier ministre a lui-même placé une épée de Damoclès socialiste au-dessus de sa tête. Résultat, près de 70 % des crédits supplémentaires seront donc supportés par vos successeurs, pendant que vous continuerez – pour peu de temps encore, heureusement – de creuser le gouffre financier de notre pays. Nous le regrettons, mais nous en prenons acte.Nous saluons l’abandon du projet Scaf au profit d’un démonstrateur national d’avions de combat de sixième génération. Mais que de temps perdu pour une chimère ! Car, qu’il s’agisse de défense, d’énergie, d’agriculture ou plus largement de tout ce qui touche à nos intérêts vitaux, les compromis du pseudo-couple franco-allemand avantagent toujours l’Allemagne.Heureusement, la France a conçu avec le groupe Dassault Aviation le Rafale, reconnu comme le meilleur avion omnirôle du monde. Cette réussite prouve que la souveraineté industrielle française est encore une réalité. Mais les insuffisances demeurent. Il manque au minimum seize Rafale supplémentaires pour permettre à notre armée de l’air et de l’espace d’assurer durablement l’ensemble de ses missions. Je pense aussi à notre marine : nous ne disposons que de quinze frégates de premier rang, alors que le gouvernement lui-même a reconnu qu’il était nécessaire d’en posséder dix-huit. Pour le deuxième espace maritime du monde, cette situation n’est évidemment pas acceptable.Parce que la défense relève de l’intérêt supérieur de la nation, parce que nos armées méritent mieux que des postures politiciennes et parce que nous ne pratiquerons jamais la politique du pire, le groupe UDR votera tout de même pour cette actualisation de la loi de programmation militaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).